Une question de volonté politique

Andreas Weber, Chargé de programme au sein de l’équipe Post-2015, Direction du développement et de la coopération

9 mars 2015 – La deuxième session de négociations intergouvernementales relatives à l’agenda de développement durable pour l'après-2015 a été consacrée à la déclaration politique, laquelle doit, en des termes simples, expliquer la nécessité de fixer des objectifs pour un développement durable.

Lorsque j’évoque les objectifs pour un développement durable pour l’après-2015 avec des collègues, des amis, je suis souvent confronté aux deux questions suivantes : « qui paiera ? » et « qui vérifiera que les Etats respectent leurs engagements ? » Ces deux questions ont une importance capitale pour une mise en œuvre réussie de l’agenda pour l’après-2015. Les besoins financiers nécessaires à la réalisation des objectifs ambitieux qui y sont liés sont énormes. De plus, l’expérience a montré qu’un mécanisme de contrôle est un élément décisif à cette même fin.

Une question de volonté politique

Si le financement et le contrôle sont deux facteurs de réussite ou d’échec importants, on oublie souvent d’en citer un troisième qui n’est autre que la volonté politique de faire autrement à l’avenir et de traduire les paroles par des actes. Trop souvent, de nobles déclarations d’intention sont restées lettre morte faute de volonté politique. A l’inverse, des exemples tels que la prévention du tabagisme montrent ce à quoi l’on peut parvenir avec une volonté politique.

Un engagement envers la population

La déclaration politique doit s’appuyer sur cette volonté : l’adoption par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’agenda pour l’après-2015 en septembre 2015 suppose l’adoption d’un ensemble d’objectifs, d’un cadre de financement et d’un mécanisme de contrôle mais aussi d’une déclaration politique. Cette déclaration doit fixer des principes communs et expliquer en des termes simples pourquoi la vie dans la dignité ne sera accessible pour tous que si les Etats relèvent ensemble des défis mondiaux tels que l’extrême pauvreté, la dégradation de l’environnement, le changement climatique et les inégalités croissantes. 

Assemblée générale des Nations unies en session
Salle de l’Assemblée générale des Nations unies où les chefs d’Etats et de gouvernement vont adopter l’agenda pour l’après-2015 en septembre 2015. Photo : Basil D Soufi, Wikimedia Commons Basil D Soufi, Wikimedia Commons

Un contexte difficile

La deuxième session de négociations sur l’agenda pour l’après-2015, qui s’est tenu à New York fin février, a porté sur cette déclaration politique. Bien que les Etats se soient prononcés en faveur d’une déclaration concise et visionnaire, ces mêmes Etats se montrent moins consensuels quant aux questions concrètes qui doivent y figurer. Aussi sera-t-il vraisemblablement difficile de parvenir à un consensus qui s’adresse aussi bien aux responsables politiques qu’à la population générale.  En fin de compte, ce sera comme toujours une question de volonté politique.