Découverte réalisée avec le soutien de la Suisse : le crâne d’un homme préhistorique intrigue le monde scientifique

Article, 30.10.2014

En collaboration avec des chercheurs géorgiens, des paléoanthropologues de l’Université de Zurich ont exhumé à Dmanisi, dans le sud de la Géorgie, le crâne intact d’un ancêtre primitif de l’Homme. Cette découverte bouleverse la vision de nos origines puisqu’elle suggère que la diversité de l’espèce humaine, il y a 2 millions d’années, était beaucoup moins grande que ce que l’on pensait jusqu’à maintenant. Le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) et la Direction de la coopération au développement (DDC) soutiennent et financent les travaux de recherche.

Une découverte de première importance pour la science
Les recherches menées à Dmanisi avaient déjà permis d’exhumer quatre crânes d'hommes préhistoriques et divers ossements, dans un excellent état de conservation. Dirigée par David Lordkipanidze du Musée national géorgien et Christoph Zollikofer de l'Université de Zurich, une équipe internationale vient de mettre au jour un cinquième crâne. A ce jour, il s’agit de la découverte du fossile le mieux conservé datant des origines de notre espèce. Chose étonnante, le crâne présente une combinaison de caractéristiques inconnue à ce jour. Il possède ainsi le faciès le plus large, la mâchoire la plus massive, les dents les plus grosses et la plus petite boîte crânienne du groupe de Dmanisi.

Ce crâne complet permet d’élucider plusieurs questions qui ont jusqu’ici fait l’objet de nombreuses spéculations. Ces questions portent ni plus ni moins sur les débuts de l'évolution de l’espèce Homo en Afrique il y a environ deux millions d'années, au début de l’ère glaciaire également appelée pléistocène. A l'époque, existait-il plusieurs variantes de la lignée Homo en Afrique, dont au moins une a également réussi à s'imposer en dehors de l’Afrique ? Ou n’y avait-il qu’une seule espèce qui est parvenue à s’accommoder des écosystèmes les plus divers ?

Le programme SCOPES, au service de la coopération scientifique
Les travaux de recherche se déroulent dans le cadre du programme SCOPES (Scientific co-operation between Eastern Europe and Switzerland) , qui œuvre à la promotion de la coopération scientifique entre les groupes et institutions de recherche en Suisse, en Europe de l’Est et dans la Communauté des Etats indépendants (CEI). Financé depuis 1990 par la DDC et le SNF, le programme vise principalement à :

  • promouvoir la qualité de la recherche en apportant aux groupes impliqués un soutien technique et méthodique ;
  • développer les capacités institutionnelles des organismes de recherche ;
  • mieux intégrer les projets dans les programmes et réseaux internationaux (Espace européen de la recherche, communauté scientifique internationale).

L’identification des thèmes pertinents pour les universités impliquées se fait sur la base d’une concertation. Les chercheurs suisses coordonnent et assistent les équipes pour tout ce qui a trait à la planification, à la réalisation et à l’évaluation des travaux de recherche effectués conjointement. Dans le cadre du programme SCOPES, les instituts suisses soutiennent également les processus de modernisation de certaines institutions dans les pays partenaires. La mise en œuvre de ce programme est placée sous la responsabilité du Fonds national suisse de la recherche scientifique.

Depuis de longues années, la Suisse soutient la recherche dans le cadre de sa coopération au développement et de sa coopération avec l’Europe de l’Est. Elle contribue ainsi à la mise sur pied de réseaux et d’institutions de recherche en Afrique, en Amérique latine et en Europe de l’Est, et encourage la recherche fondamentale et appliquée dans les domaines des sciences naturelles et sociales. Les secteurs thématiques prioritaires sont l’agriculture, l’environnement, la transformation de conflits, la santé, l’eau, les causes de la migration, la gouvernance, le genre ainsi que toutes les questions liées aux enjeux planétaires. La DDC investit également dans des partenariats de recherche scientifique orientés sur l’axe Nord-Sud ou Ouest-Est.

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