Programme d’Appui à la Gestion Décentralisée de l’Alphabétisation (PAGEDA)


Un centre d'alphabétisation d'adultes dans un campement peuth du village de Goure Bene, commune de Nikki, Borgou, 2014
La Suisse finance des projets d’alphabétisation d’adultes depuis plus de 30 ans au Bénin. En image, un centre d’alphabétisation d’adultes dans le département du Borgou (2014). © DDC SDC

Le Programme d’Appui à la Gestion Décentralisée de l’Alphabétisation vise à permettre à 30’000 citoyen(ne)s dont 50% de femmes et principalement les jeunes entre 15 et 30 ans, exclus du système formel ou n’y ayant pas accès, d’acquérir des compétences de la vie courante, d’exercer pleinement leur droit grâce à des programmes  d’alphabétisation  de qualité corrigeant les disparités d’accès à l’éducation liées au genre, à l’âge et aux régions.

Pays/région Thème Période Budget
Bénin
Education
Formation professionelle
Emploi & développement économique
Facultés quotidiennes de base
Formation professionnelle
Création d'emplois
01.01.2014 - 30.09.2020
CHF 6'320'000

Après plus de 30 ans de présence au Bénin, la DDC a entamé en 2014 une nouvelle approche dans son appui à l’alphabétisation des adultes.

Jusqu’ici, la DDC agissait en «maître d’ouvrage» dans ce domaine. Elle gérait le financement de 608 centres d’alphabétisation du nord du pays, ainsi que l’organisation et le suivi des cours dispensés. Avec le Projet d’appui à la gestion décentralisée de l’alphabétisation au Bénin (PAGEDA), la DDC souhaite transférer cette maîtrise d’ouvrage aux autorités locales. Seul ce transfert de compétences garantit selon elle l’appropriation et la pérennité de cet enseignement.

Cette nouvelle approche rejoint en outre les objectifs du processus de décentralisation, démarré il y a une dizaine d’années au Bénin. Ce dernier place en effet la responsabilité de l’alphabétisation des adultes aux mains des communes. Ces dernières manquent toutefois de ressources financières et de compétences pour assumer leur rôle.

Etude de trois modalités d’intervention

Dans cette première phase du projet, la DDC compte étudier trois différentes stratégies de soutien des acteurs locaux dans les départements du Borgou, de l’Atacora et de l’Alibori, au nord du pays. L’idée est d’impliquer les communes, les associations intercommunales et les organisations socio-professionnelles dans le financement et la gestion de la demande des cours d’alphabétisation pour adultes, dans leur suivi et le développement d’un service de conseil. Une fois le meilleur modèle de fonctionnement élaboré, le projet se mettra en œuvre sur 12 ans.

Assurer le lien avec la formation professionnelle

Pour la DDC, un lien entre les cours d’alphabétisation et la formation professionnelle doit aussi être assuré par les communes pour que les personnes alphabétisées contribuent à dynamiser l’économie du pays. Le projet prévoit ainsi des synergies avec un autre projet de la DDC de soutien à la formation professionnelle. Des cours d’alphabétisation d’adultes incluront dans ce but des formations pratiques en partenariat avec des organisations socio-professionnelles d’artisans et de producteurs. Enfin, le projet soutient également deux ONG faisant localement un plaidoyer politique en faveur de l’alphabétisation des adultes.

Pour être complète, cette nouvelle approche valorise aussi le développement d’un environnement lettré dans les départements concernés; par exemple, à travers le financement de bibliothèques et de la culture écrite en général, notamment en langues nationales.

Des cours très prisés

Les cours d’alphabétisation pour adultes sont très prisés par les habitants des départements du nord, parmi les plus pauvres du Bénin. Le taux d’analphabétisme atteint par exemple 63,1% (71,2% pour les femmes) dans le Borgou, et 86,9% (91,9% pour les femmes) dans l’Alibori, selon des chiffres officiels de 2011. Depuis 2004, le soutien de la Suisse a fait baisser ce taux de 14% dans le Borgou et de 4%, en moyenne, dans l’Alibori, selon un rapport de la DDC publié en 2011. Selon des statistiques béninoises parues la même année, le taux d’analphabètes âgés de plus de 15 ans s’élève à 65,7% sur le plan national. 

Un financement public minimal

Les cours d’alphabétisation d’adultes remplissent un rôle crucial pour le développement économique du pays. Ces offres éducatives non formelles restent toutefois dépendantes d’ONG et du financement d’agences de coopération au développement. Les autorités locales, faute de ressources, les considèrent en effet comme des activités d’appoint et continuent de privilégier l’enseignement primaire formel. La part actuelle du budget général de l’Etat pour l’éducation attribuée à l’alphabétisation et l’éducation des adultes ne s’élève quant à elle qu’à 0,24%.

Un droit de l’homme

Malgré les difficultés du terrain, la DDC essaie de contribuer à garantir à tous l’accès à l’éducation. Cet accès est reconnu comme un droit de l’homme. La DDC espère que l’alphabétisation des adultes soit reconnue comme un objectif dans l’agenda du développement durable pour l’après-2015, et ainsi, comme un facteur direct de développement économique, social et culturel.