Monsieur le Président,
Je remercie la présidence russe d’avoir organisé ce débat public.
L’instabilité croissante et la souffrance humaine toujours plus grande
au Moyen-Orient constituent une préoccupation majeure pour la Suisse.
Les mouvements massifs de réfugiés et le développement du terrorisme
transnational appellent une réponse rapide et résolue, notamment le
renforcement l’aide humanitaire. Mais il faut avant tout résoudre les
conflits violents qui ont plongé la région dans le chaos. Les blocages
ont beaucoup trop duré. Il est temps d’agir.
La Syrie a besoin de notre aide. Un dialogue national doit être instauré
pour préparer la fin de la guerre meurtrière que se mènent le
gouvernement de Damas et l’opposition. La Suisse soutient fermement les
efforts déployés par l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan de Mistura, pour
encourager des discussions thématiques parallèles au sein des groupes de
travail syriens créés pour aborder les principaux aspects du communiqué
de Genève de 2012.
Depuis le début, la Suisse soutient avec énergie les efforts de l’ONU
pour chercher une solution politique à la crise dramatique qui se joue
en Syrie. Nous continuerons sur cette voie jusqu'à la paix, en mettant à
disposition des experts, une aide logistique et des ressources
financières en fonction des besoins.
Vous pouvez compter sur nous. Nous exhortons les Syriens à profiter de
cette occasion et à participer aux groupes de travail.
Nous demandons aussi la formation rapide d’un groupe de contact
international chargé de soutenir la recherche d’une solution politique.
Tous les acteurs régionaux et internationaux partagent une même
responsabilité en vue de la stabilisation de la Syrie : ils doivent
s’asseoir autour d’une table et discuter. La Suisse salue le
renforcement des efforts diplomatiques pour trouver un terrain
d’entente. Aujourd’hui, il est temps de laisser derrière soi les
positions maximalistes et de chercher le compromis.
La seule voie qui mènera à la paix est celle d’un dialogue inclusif
associant le gouvernement syrien et visant à définir les paramètres
d’une transition dirigée.
Ce processus sera difficile. Etant donné les énormes sacrifices qui
devront être consentis, les parties au conflit auront à faire des choix
ardus pour trouver un compromis. Or, il ne sera possible d’aboutir à une
solution durable que si toutes les parties œuvrent sincèrement en faveur
de la paix. Les millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui souffrent
des atrocités de cette guerre méritent ces efforts et cette sincérité.
Monsieur le Président,
Un dialogue inclusif et des arrangements de partage du pouvoir ne sont
pas seulement vitaux pour la Syrie mais ils sont également des éléments
clés pour stabiliser l’Irak et résoudre les conflits au Yémen et en
Libye. Notre pays étant traditionnellement doté d’un gouvernement
multipartite, nous souhaitons offrir notre expertise, si on nous en
adresse la demande. Nous sommes prêts à faciliter les discussions à
Genève le cas échéant et à soutenir les efforts déployés par l’ONU.
J’aimerais conclure avec quelques remarques sur les défis liés à la
lutte contre la menace terroriste au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Les groupes terroristes tels que le soi-disant « Etat islamique » ne
peuvent pas être associés à une solution politique, quelle qu’elle soit,
des conflits que je viens d’évoquer. En revanche, résoudre ces conflits
contribuera à affaiblir les groupes terroristes.
Encore une fois, la Suisse considère qu’un rôle clé incombe aux Nations
Unies dans la lutte contre le terrorisme. Nous sommes préoccupés par le
manque apparent de coordination entre différentes actions militaires en
Syrie et nous demandons au Conseil de sécurité d'assumer sa
responsabilité en conduisant les efforts pour s'opposer au terrorisme et
pour rétablir la paix et la sécurité en Syrie.
Nous saluons par ailleurs l’annonce du Secrétaire général quant à la
présentation cette année encore d’un plan d’action destiné à prévenir
l’extrémisme violent. La force militaire et les mesures coercitives
visant à faire respecter le droit ne suffiront pas à éliminer le
terrorisme. Nous devons faire en sorte que les personnes soient capables
de résister aux discours démagogiques des terroristes.
Une approche globale est nécessaire, alliant les domaines de la paix et
de la sécurité, du développement ainsi que des droits de l’homme. Aucune
entité n’est mieux placé que l’ONU pour donner le ton en la matière.
Monsieur le Président, je vous remercie.