"Solidarité avec le peuple du Yémen et appel de la Suisse en faveur de l'accès humanitaire, du respect du droit international humanitaire et de la paix" (fr)

25.04.2017

Discorso del Consigliere federale Didier Burkhalter in occasione della Conferenza di alto livello dei Paesi donatori per la crisi umanitaria in Yemen - Fa stato la versione orale

Oratore: Burkhalter Didier; Didier Burkhalter

M. le Secrétaire général,
Chers collègues,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Au nom du gouvernement suisse, je vous souhaite la cordiale bienvenue à Genève. Je tiens à saluer tout spécialement le Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres, ainsi que ma collègue de Suède Margot Wallström, avec qui j’ai l’honneur de co-présider cette conférence. Je me félicite de l'exceptionnel climat de coopération dans lequel nous avons préparé l’événement d’aujourd’hui.

La Genève internationale incarne l’engagement de la Suisse à promouvoir la paix et la coopération internationale. Les Nations Unies, aux côtés de plus de trente autres organisations internationales et de centaines d’ONG, en font l’un des centres de la diplomatie multilatérale parmi les plus actifs. Des personnes comme vous viennent ici pour développer des réponses communes à des défis actuels et futurs. Je vous remercie pour cet effort.

Genève est au cœur de l'action humanitaire. La Suisse, qui est mon pays, est également attachée à la tradition des bons offices, une voie par laquelle elle s’efforce de promouvoir le dialogue pour la résolution des conflits. La résolution de la crise au Yémen appelle de toute urgence à la fois une assistance humanitaire et un règlement politique du conflit.

Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour lever des fonds. Notre objectif est de mobiliser un soutien humanitaire au profit de la population du Yémen et de lui envoyer un message fort de solidarité pour lui signifier qu’elle n’est pas laissée pour compte. Nous devons également mettre en relief une impérieuse nécessité qui consiste à faire face aux causes profondes de la crise humanitaire au Yémen, des problèmes que l’aide humanitaire ne peut résoudre par elle-même. Avant toute chose, une cessation durable des hostilités est indispensable pour prévenir une escalade de la crise humanitaire au Yémen.

Une crise humanitaire d’une ampleur considérable frappe le Yémen. La population de ce pays a besoin de toute urgence de tout le soutien que nous pouvons lui offrir. Deux tiers des Yéménites dépendent de l'aide humanitaire au quotidien. Dix-sept millions de personnes, ce qui équivaut à plus du double de la population suisse, sont en situation de précarité alimentaire.

A cette situation vient s’ajouter la pénurie d’eau. Plus de la moitié de la population du Yémen a cruellement besoin d’une eau potable sûre. Le défi lié à l'eau n’est pas nouveau dans ce pays et ses origines sont multiples. Cela étant, la guerre n'a fait que rendre plus difficile encore un accès régulier et sécurisé à l'eau. Sanaa, un site du patrimoine mondial d’une valeur universelle exceptionnelle, risque de devenir la première capitale au monde à manquer d’eau viable au cours des prochaines années car les aquifères s’assèchent.

La nature de la crise humanitaire au Yémen est telle qu’elle requiert à la fois une aide d’urgence et une assistance à plus long terme destinée à accroître la résilience. De l’humanitaire « plus », en quelque sorte.
Dans le domaine de l'eau, par exemple, cette résilience implique de prendre des mesures destinées à contrer la diminution spectaculaire des réserves d’eaux souterraines. Il nous faut des solutions permettant de distribuer équitablement l’eau en quantité suffisante et de prévenir des tensions à l’avenir.

C’est principalement pour les plus vulnérables, à savoir les enfants, qu’il est important d’accroître la résilience. Le dernier rapport de l’UNICEF sur la situation des enfants au Yémen est des plus préoccupants. Plus de 1200 enfants ont déjà péri dans le cadre du conflit. Outre que 500 000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë dans ce pays, deux millions d’enfants ne peuvent désormais plus fréquenter l’école. Notre mission est double. Il s’agit de contribuer dans l’immédiat à assurer la survie de ces enfants et à leur offrir des perspectives, à travers l’éducation en particulier. 

Chers collègues,

La Suisse fait passer cette année à 14 millions de francs suisses au moins la part de l'aide humanitaire qu'elle verse en faveur du Yémen. Dans les quatre années qui viennent, nous nous engageons à débourser plus de 40 millions de francs pour maintenir notre soutien au profit du Yémen. Je m’associe au Secrétaire général des Nations Unies pour lancer un appel à un soutien généreux de votre part en faveur de la population du Yémen. Ensemble, nous pouvons améliorer la situation de millions de personnes, parmi lesquelles de nombreux enfants.

Il faut pour cela un financement suffisant. Mais, pour alléger le fardeau de cette population, nous devons adjoindre à notre effort de financement un appel à coopérer dirigé à l’intention des parties au conflit. La crise humanitaire à laquelle fait face le Yémen est en grande partie une crise d’origine humaine. Il est possible de l’atténuer dès lors que toutes les parties en ont la volonté sur le plan politique.

L’appel lancé par la Suisse comporte trois dimensions :

Premièrement, nous demandons que l’aide humanitaire soit acheminée de manière sûre, durable et sans entrave à destination des personnes qui en ont besoin et que ces dernières puissent en bénéficier de la même manière. Toutes les parties au conflit doivent assurer que le déroulement de l'approvisionnement alimentaire humanitaire ne sera pas entravé par des opérations militaires. A cet égard, la situation aux alentours d’Hodeida, principal port de la mer Rouge, nous préoccupe. Si ce port devient inaccessible, fût-ce pour une période limitée, la situation humanitaire continuera de se détériorer, en particulier dans le nord du Yémen.

Nous invitons toutes les parties au conflit à permettre l’accès à l’aide humanitaire le long des lignes de combat. L’aide que nous apportons doit parvenir à ceux qui en ont le plus besoin et ne doit pas être instrumentalisée. Par ailleurs, toutes les parties concernées doivent s’entendre sur un plan concerté de reprise du versement des salaires dans la fonction publique yéménite. De nombreuses familles pourraient ainsi à nouveau acheter la nourriture encore disponible sur les marchés.

La deuxième dimension de notre appel porte sur la nécessité qui s’impose à toutes les parties de se conformer au droit international humanitaire. Les civils doivent être protégés et ne pas avoir à souffrir des effets de la guerre. Les missions médicales ont droit à une protection spéciale. Les attaques militaires dirigées contre des convois humanitaires, des écoles et d’autres infrastructures civiles doivent être évitées. Cette façon de conduire la guerre ne fait qu’affaiblir encore davantage le fragile tissu social du Yémen. La Suisse réclame également que soit immédiatement mis un terme à l’enrôlement d’enfants soldats. Toutes les parties doivent protéger les droits de l’enfant en tout temps.

Enfin, troisième et dernier point, la Suisse invite toute les parties au conflit à s’entendre sur un arrêt des hostilités, étape préalable à une reprise des pourparlers de paix. L’aide humanitaire ne peut se substituer à un règlement politique du conflit, lequel doit être une priorité. 

Nous continuerons à soutenir les efforts déployés par l’envoyé spécial des Nations Unies Ismail Ould Cheikh Ahmed pour parvenir à un règlement négocié. La Suisse est toujours disposée à accueillir tout nouveau cycle de pourparlers de paix si la demande lui en est faite. Nous souhaitons également mettre à disposition notre expertise, par exemple en matière d’accords de partage du pouvoir.

Nous encourageons les parties au conflit à s’engager dans un véritable processus de réconciliation incluant les responsables politiques locaux, la société civile, les femmes et les jeunes. Un tel processus doit être conduit par des Yéménites. L’ouverture d’espaces permettant un dialogue constant et inclusif nous aidera à restaurer la confiance et la cohésion nationale, indispensables pour réaliser et maintenir la paix au Yémen. 

Je souhaite conclure en remerciant tout le personnel des Nations Unies et nos nombreuses organisations partenaires qui travaillent au Yémen dans les conditions sécuritaires les plus périlleuses. Faisons en sorte qu’ils puissent donner de l’espoir et offrir des perspectives à des millions de personnes au Yémen qui dépendent de notre générosité aujourd’hui et la méritent pleinement.


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