L’agenda pour l’après-2015 – une affaire de jeunesse

Océane Dayer, Représentante de la jeunesse suisse auprès des Nations Unies

Lundi, 8 juin 2015 – La moitié de la population mondiale a moins de 25 ans. La mise en œuvre, le suivi et l’examen de l’agenda de développement durable pour l’après-2015 incomberont donc à la jeunesse d’aujourd’hui. Si l’ont veut que les objectifs de développement durable (ODDs) soient soutenus par tous les acteurs, et donc qu’ils soient durables, il est indispensable que les jeunes soient impliqués.

Le mécanisme de suivi et de révision est un élément clé de l’agenda pour l’après-2015. Il doit permettre de superviser la mise en œuvre de l’agenda, le suivi des progrès ainsi que de partager entre nations les bonnes pratiques. Mais quelles sont les meilleures façons d’y impliquer les jeunes aux niveaux international, régional, national et local ? Comment faire en sorte que toutes les voix soient entendues et que chaque jeune puisse s’assurer que son gouvernement tienne ses engagements? Pour répondre à ces questions, environ 40 jeunes gens, représentants de la société civile et stagiaires gouvernementaux de diverses régions du monde, se sont retrouvés pour un petit-déjeuner de travail à New York organisé par les Youth Reps, représentants de la jeunesse suisse auprès des Nations Unies et Beyond 2015, coalition d’organisations de la société civile.

Après une introduction par l’Ambassadeur Michael Gerber, envoyé spécial de la Suisse pour le développement durable, Youth Rep Océane Dayer modère le débat sur le rôle de la jeunesse dans le mécanisme de suivi et de révision de l’agenda pour l’après-2015. © DSC

Des experts aux connaissances indispensables
Les jeunes ne constituent pas seulement un groupe dynamique et motivé mais bien un groupe d’experts dont les connaissances sont indispensables à la durabilité de l’agenda. Il y a des domaines, tels que la capacité d’innovation ou encore la maitrise des médias sociaux, où les jeunes font preuve d’une grande expertise et il faut que cela soit reconnu à tous les niveaux. Par ailleurs, il est important de prendre en compte la diversité et les inégalités au sein de la jeunesse et de faire en sorte que chacun puisse faire entendre sa voix et profiter de la réalisation des ODDs. Pour assurer cette inclusion globale, il est nécessaire d’agir d’abord au niveau local car de nombreux jeunes n’ont pas les moyens d’agir au niveau national ou international.

Des idées innovantes et concrètes
Pour un engagement efficace des jeunes dans le mécanisme de suivi et de révision de l’agenda, il est indispensable de développer les structures existantes, comme les conseils nationaux de jeunesses, au lieu d’en créer de nouvelles. Celles-ci doivent être renforcées et mieux financées afin de leur permettre de mettre en place un système de monitoring ainsi qu’un programme de communication et d’engagement ambitieux. Un langage clairement défini et une communication efficace permettront de regrouper les jeunes autour des ODDs, de canaliser l’énergie générale en leur faveur, de diminuer la tâche de monitoring ainsi que de créer un mouvement de suivi durable. Des instruments très concrets peuvent être développés afin de sensibiliser et de permettre la participation des jeunes. Par exemple, le mouvement pour les enfants d’Amérique latine et des caraïbes a publié une version des ODDs pour enfants. Les simulations des Nations Unies (Models United Nations) et les parlements des jeunes sont aussi des outils efficaces. Par ailleurs, l’inclusion de représentants de la jeunesse au sein des gouvernements assure que les priorités de celle-ci sont mises à l’agenda. Finalement, le renforcement des capacités, en terme de collecte de données et de communication, ainsi que le financement durable d’activités sont les éléments clés d’un engagement de la jeunesse à tous les niveaux, l’assurance d’un agenda pour l’après-2015 soutenu et implémenté et donc d’un monde meilleur.

Un engagement continu
Au delà des déjeuners de travail, l’engagement de la jeunesse au niveau international sur le long terme est assuré par le Grand Groupe des Nations Unies pour les Enfants et les Jeunes (UN Major Group for Children and Youth en anglais), qui regroupe plusieurs centaines d’associations de jeunesse du monde entier et représente leurs intérêts lors des grandes négociations comme celles des ODDs, du financement pour le développement ou du Forum politique de haut-niveau pour le développement durable. Leur engagement est remarquable et leurs idées innovantes. Les représentants nationaux de la jeunesse ont aussi un rôle clé à jouer en faisant le lien entre la politique internationale et nationale. Il est indispensable que cette large participation de la jeunesse soit promue, développée et assurée !