Violence armée et développement : deux problématiques liées

Neil Buhne, Directeur PNUD/BCPR Genève, Sabrina Dallafior Cheffe suppléante de la Division Sécurité humaine, et Yves Rossier, Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères de la Suisse pendant la conférence. © Khristopher Carlson/Small Arms Survey

 

Marie Di Pietrantonio, Section politique de paix multilatérale de la Division Sécurité humaine au Département fédéral des affaires étrangères

21. Julliet 2014 ─ Deuxième d’une série de cinq conférences régionales d’examen de la Déclaration de Genève sur la violence armée et le développement prévues en 2014, l’édition genevoise a permis une meilleure appropriation régionale de la problématique de la violence armée et de ses interrelations avec le développement durable.

«Vivre en sécurité est l’une des aspirations les plus élémentaires de l’être humain». En outre, «tout développement durable est impossible en l'absence de paix et de sécurité humaine». C’est autour de ces concepts clés que le Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Yves Rossier, a développé son discours d’ouverture de la conférence régionale d’examen de la Déclaration de Genève sur la violence armée et le développement pour la région Asie centrale, Caucase et Europe. Cet évènement s’est tenu du 8 au 9 juillet 2014 à Genève et a réuni près de 180 participants, représentants des pays de la région, d’organisations internationales, d’organisations régionales, de la société civile et du monde académique.

Discours d’ouverture par Yves Rossier, Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères (PDF, Anzahl Seiten 6, 46.8 kB, Französisch)

Défis pour la réduction et la prévention de la violence armée
La conférence a donné lieu à de nombreux débats sur l’engagement des Etats et des organisations internationales et de la société civile pour la réduction et la prévention de la violence armée à la fois en situations de conflit et hors conflit, dans la région et au niveau global. Un panel de haut niveau a été l’occasion d’un échange entre Michael Møller, Chef par intérim de l’Office des Nations Unies à Genève, Christine Beerli, Vice-présidente du CICR et Ingibjörg Sólrún Gísladóttir, Directrice régionale de UN Women Europe et Asie Centrale. Les points suivants ont principalement été soulevés durant cette discussion:

  • La violence armée est une problématique universelle et les Etats doivent joindre leurs efforts pour élaborer des programmes de prévention et réduction de la violence armée. Il est important d’impliquer tous les acteurs autant au niveau global que local dans la réduction et la prévention de la violence armée. Une approche holistique de cette thématique, comme celle promue par la Déclaration de Genève, est importante.
  • Un accent particulier doit être mis sur les zones urbaines. D’ici à 2050, sept personnes sur dix résideront en ville. Ceci engendre de grands défis notamment sur le plan de la sécurité des citoyens.
  • Les causes sous-jacentes de l’insécurité et de la violence doivent être traitées. Dans ce sens, les droits humains, l’émancipation des femmes et un développement économique durable et inclusif méritent une attention particulière.
  • Le renforcement du secteur de la sécurité et de l’Etat de droit est un élément essentiel à la sécurité (objective et perçue) des citoyens.
  • Les armes légères et de petit calibre jouent un rôle majeur dans le fléau de la violence armée. Les Etats ont été invités à signer et ratifier le Traité sur le commerce des armes qui constitue un outil clé pour la réduction de la violence armée.

Sécurité et développement : besoin d’une collaboration étroite
Les différents orateurs ont également souligné l’importance d’un changement de paradigme dans les domaines de la sécurité et du développement. La déclaration de Genève est un exemple de plateforme ayant pour vocation de briser ces deux silos afin de favoriser une meilleure interaction entre ces secteurs qui sont de plus en plus appelés à trouver des zones de conjonction et à travailler ensemble.

La violence armée et l’agenda post-2015
L’agenda du développement d’après-2015 offre une opportunité unique de soulever cette problématique et d’y inclure la violence armée comme une thématique du développement . En effet, en faisant un bilan sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement le constat s’impose; la violence armée représente un obstacle majeur à la réalisation de ce programme. C’est d’ailleurs en raison de cette prise de conscience que la Déclaration de Genève a été lancée en 2006.

Page internet de la conférence