Armes classiques
Le droit international humanitaire vise à limiter les effets des conflits armés. C'est pourquoi il interdit ou restreint l'emploi d'armes qui causent des souffrances excessives ou qui ont des effets indiscriminés. La Convention sur certaines armes classiques joue ici un rôle central. L'utilisation des systèmes d'armes autonomes doit également être évaluée à l'aune du droit international et du droit international humanitaire.
Le droit international humanitaire restreint ou interdit l'emploi de certaines armes conventionnelles. La Suisse s'engage à respecter le droit international humanitaire et, compte tenu des progrès technologiques, veille à ce que les normes existantes restent pertinentes et respectées, afin d'en garantir l'efficacité.
Convention sur certaines armes classiques
La Convention sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi de certaines armes classiques (CCAC) est une composante essentielle de la maîtrise des armements conventionnels et du DIH. Son objectif est de trouver en toute circonstance un équilibre entre les intérêts militaires et les intérêts humanitaires. Cela lui confère de ce fait un large soutien international, toutes les grandes puissances militaires étant parties à la Convention.
Grâce à l’adoption de protocoles additionnels, la Convention a pu être adaptée au développement rapide de la technique des armes et des méthodes de guerre.
La limitation des mines anti-véhicules fait l’objet de discussions. La Suisse soutient les négociations menées en vue de l’adoption d’un protocole ad hoc. De telles armes classiques ont de graves conséquences humanitaires, surtout sur la population civile. Dans le cadre de sa politique humanitaire, la Suisse s’associe en outre aux efforts visant à réglementer les armes légères et de petit calibre ainsi que les mines et les armes à sous-munitions.
Systèmes d’armes autonomes
L’intégration de l’intelligence artificielle et de la robotique rend les systèmes d’armes de plus en plus autonomes. Cette évolution présente des avantages militaires, tout en suscitant l’espoir que le droit international soit mieux respecté. De nombreuses questions se posent néanmoins sur le plan du droit (international), de la politique et de l’éthique.
Du point de vue de la Suisse, l’évaluation des systèmes d’armes autonomes doit s’appuyer en premier lieu sur le respect du droit international (humanitaire). Il importe en particulier de clarifier à l’échelle internationale le type de contrôle humain requis et la qualité à laquelle celui-ci doit répondre. L’autonomie ne saurait être illimitée.
Contributions de la Suisse
Quels sont le type et le degré de contrôle humain requis en matière de systèmes d’armes autonomes pour répondre aux exigences juridiques et éthiques? Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) se sont attachés à répondre à cette question avec des contributions de la Suisse.
- Un document de travail suisse très remarqué a placé le respect du droit international humanitaire au centre du débat.
- Dans d’autres contributions adressées au Groupe d’experts gouvernementaux de l’ONU sur les armes autonomes, la Suisse expose sa position sur le respect du droit international et la garantie du contrôle humain.
- La Suisse soutient en outre le développement de méthodes standard et de protocoles de test pour évaluer les systèmes d’armes et déterminer leur conformité avec le droit international.
Document de travail de la Suisse sur les SALA, ONU Genève (en)
Limites de l’autonomie des systèmes d’armes: identification des éléments pratiques du contrôle humain, Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (en)
La Suisse s’engage à poursuivre les travaux dans le cadre de la CCAC, afin de clarifier les besoins en matière de réglementation. Du point de vue de la Suisse, il convient d’empêcher, dans le cadre de la CCAC, l’emploi des armes autonomes:
- dont les effets ne peuvent être raisonnablement anticipés,
- dont les effets ne peuvent être limités conformément aux dispositions du droit international humanitaire,
- qui peuvent être utilisées à d’autres fins de manière non conforme au droit international humanitaire,
- dont l’effet ne peut être imputé à un commandant responsable.
Liens
- Convention sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination
- Informations générales sur les systèmes d’armes létales autonomes dans la Convention sur certaines armes classiques, ONU Genève
- AVIS28: des impulsions pour la Suisse de demain
- Assurer notre avenir commun - Un agenda pour le désarmement, ONU
- Sécurité et technologie, Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement UNIDIR (en)
- La militarisation de l’intelligence artificielle, Centre Henry L. Stimson (en)
- Document de travail de la Suisse sur les SALA, ONU Genève (en)
- Commentaire rédigé par la Suisse en 2020 à la demande du chef du groupe d’experts gouvernementaux sur la mise en œuvre nationale des principes directeurs concernant les technologies émergentes dans le domaine des armes létales autonomes (SALA) (en)
- Limites de l’autonomie des systèmes d’armes: identification des éléments pratiques du contrôle humain, Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (en)
Documents
Vues de la Suisse sur les Armes autonomes ODA-2024-00019LAWS (24.05.2024)
Anglais
Déclaration Suisse GGE AWS Débat général (26.08.2024)
Multilingue: Français, Anglais
Intervention de la Suisse au nom de 23 Etats sur la soumission conjointe d'un document d'orientation sur les systèmes d'armes autonomes
Anglais
Déclaration commune de la Suisse relative à la Conférence d’examen de la Convention des Nations Unies sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques
Anglais