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InformationsPublié le 7 septembre 2020

Markus Leitner: «La Suisse et l’Iran, des pays traditionnels très orientés vers le futur»

La Suisse célèbre en 2020 le centenaire de sa présence diplomatique en Iran. L’Ambassadeur Markus Leitner souligne les bonnes relations, les échanges multisectoriels et la confiance qui lient les deux pays.

Page du Traité d'amitié et de commerce entre la Suisse et la Perse (1873).

«Der Iran ist eine Jahrtausende alte Zivilisation. Vor diesem Hintergrund mögen hundert Jahre diplomatische Präsenz kurz erscheinen. Dennoch ist dieses Jubiläum wichtig: für den Iran wie für die Schweiz», sagt Markus Leitner, Chef der Schweizer Botschaft im Iran. «Unsere Länder sind zwar geografisch weit voneinander entfernt, haben aber über Jahrzehnte hinweg eine sehr intensive Zusammenarbeit und einen regen Austausch entwickelt, unter mitunter schwierigen Umständen. Das finde ich beeindruckend.»

Im Telefongespräch betont Botschafter Leitner die engen Beziehungen und das vertrauensvolle Verhältnis zwischen den über 5000 Kilometer entfernten Ländern, die beide von Gebirgslandschaften geprägt sind.

Markus Leitner, Ambassadeur de Suisse en Iran.

Hier, un traité d’amitié. Aujourd’hui, des échanges intenses et multisectorielles.

La confiance entre la Suisse et l’Iran est mutuelle. Elle s’est construite à travers des liens et des échanges forts dans de nombreux domaines.

L’histoire de ces relations débute il y a plus d’un siècle. Alors que l’Iran s’appelait encore «Perse», les premiers voyageurs suisses, notamment des horlogers, parcourent la Perse et certains y restent. On est alors au 17e siècle. Les relations entre les deux pays débutent officiellement au 19e siècle. Motifs commerciaux, universitaires, économiques, politiques motivent des échanges de plus en plus soutenus. Suite à la visite du Shah en Suisse en 1873, un Traité d'amitié et de commerce entre la Suisse et la Perse est signé. Les relations entre la Suisse et l'Iran gagnent indéniablement en latitude et en profondeur. Le Conseil fédéral décide alors l’ouverture d’une représentation suisse à Téhéran en 1920.

Aujourd’hui, toute une série de sujets sont couverts dans le cadre de la coopération entre la Suisse et l’Iran, allant de la politique, l’économie, la finance, le commerce, l’agriculture, la culture, la politique, l’éducation et la formation, la recherche, la migration, les droits de l’homme, etc. «Les échanges et le travail entre l’Iran et la Suisse sont accrus aujourd’hui. Dans cette région du monde, une relation basée sur la confiance est capitale», explique Monsieur Leitner.

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis se rend à Téhéran

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis sera en visite en Iran du 5 au 7 septembre 2020. Cette visite officielle s’inscrit dans le cadre des festivités entourant le 100e anniversaire de la présence diplomatique de la Suisse en Iran. Le chef du DFAE rencontrera notamment le président iranien Hassan Rohani et le ministre des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. Les relations bilatérales et les mandats de puissance protectrice de la Suisse seront au centre des discussions.

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Des spécificités suisses: mandat de puissance protectrice, canal humanitaire et propriété intellectuelle

Gage de confiance, la Suisse représente les intérêts américains en Iran depuis 1980. La Suisse joue un rôle d’intermédiaire entre les deux pays, dans le cadre d’un mandat de puissance protectrice. Un Etat investi d'un mandat de puissance protectrice défend les intérêts d'un pays tiers auprès d'un autre pays lorsque ces deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques. Ce type de mandat fait partie des bons offices que la Suisse propose depuis de nombreuses années. La Suisse exerce ce type de mandat pour l’Iran, les États-Unis, ainsi que la Russie, la Géorgie et l’Arabie saoudite.

«Les Iraniens ont toujours eu une sympathie pour la Suisse, perçue comme un pays divers, à la fois traditionnel et multiculturel.»
Markus Leitner

La Suisse a aussi mis sur pied, en étroite collaboration avec les autorités américaines et iraniennes, un canal bancaire pour l’exportation de biens humanitaires vers l’Iran (Swiss Humanitarian Trade Arrangement, SHTA). Depuis février 2020, le mécanisme de paiement permet la livraison par les entreprises suisses de biens humanitaires en Iran, dans les secteurs alimentaire, pharmaceutique et médical.

Un accent particulier est en outre mis sur l’innovation par le biais de coopérations scientifiques et en matière de propriété intellectuelle. Les échanges entre universités et chercheurs suisses et iraniens couvrent un éventail large. En même temps, une nouvelle coopération est engagée pour renforcer la protection de la propriété intellectuelle, au bénéfice de la sécurité juridique et des échanges commerciaux des entreprises suisses et iraniennes.

«Les Iraniens ont toujours eu une sympathie pour la Suisse, perçue comme un pays divers, à la fois traditionnel et multiculturel. Les Suisses en revanche sont fascinés par ce pays à l’histoire si riche, au peuple toujours accueillant». Derrière ces belles images, existent aussi des valeurs communes et solides. «Ce sont à la fois des pays traditionnels, mais ils sont très orientés vers le futur», conclue encore le diplomate.

Graphique indiquant le nombre d’ambassades et de consulats étrangers ainsi que d’organisations internationales présents en Suisse, et plus particulièrement à Berne.

100 ans de présence diplomatique en 10 chiffres

1873 Des négociations officielles se nouent lors de la visite du Shah de Perse en Europe. Après avoir été reçu à Paris, Nasser ed-Din passe cinq jours en Suisse en juillet 1873. A cette occasion, le Traité d'amitié et de commerce entre la Suisse et la Perse est signé.

1920 La Suisse ouvre sa première représentation diplomatique en Iran, sur décision du Conseil fédéral. Le Consulat honoraire de Suisse est inauguré le 1er août à Téhéran.

1936 La Suisse remplace son Consulat par une Ambassade.

1940 Le nombre de Suisses en Iran est passé de 3 en 1873, à 20 en 1919, à 182 en 1940. Les échanges entre les deux pays sont de plus en plus accrus. Des experts suisses sont recrutés pour les finances publiques, des expertises juridiques, la construction de chemins de fer, l’industrie des machines. Commerçants, artistes, scientifiques, étudiants ou voyageurs des deux pays découvrent avec vif intérêt l’autre pays.

1950 Dans les années 1950, des géologues suisses sont chargés par l'Iran Oil Company de mener des recherches et des expéditions - et ont fini par découvrir un important gisement de pétrole en 1956 près de Qom.

1980 La Suisse est mandatée pour représenter les intérêts américains en Iran. Le mandat se poursuit depuis 40 ans.

2016 Lors de la visite d’État du président de la Confédération Johann Schneider-Ammann à Téhéran en 2016, une feuille de route portant sur l’approfondissement des relations bilatérales est signée.

2018 Depuis mars, la Suisse commence à représenter les intérêts de l'Iran en Arabie Saoudite et les intérêts saoudiens en Iran. Ce mandat de puissance protectrice couvre les services consulaires.

2019 La Suisse assume un mandat de puissance protectrice pour représenter les intérêts iraniens au Canada. Ce mandat n'inclut pas les services consulaires.

2020 Le conseiller fédéral Ignazio Cassis se rend début septembre en Iran. Cette rencontre offre l'occasion de reconnaître les bonnes relations bilatérales entre les deux pays.

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