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Religion et conflits
Les religions et les visions du monde jouent un rôle déterminant dans de nombreux conflits. Aussi la Suisse a-t-elle intégré cet aspect dans son engagement international en faveur de la paix: un secteur d’activités «Religions, politique, conflits» a été créé au sein du DFAE en 2005 pour s’occuper spécifiquement des conflits où des facteurs religieux se conjuguent aux facteurs politiques ainsi que des tensions entre religions et visions du monde, considérées comme des éléments constitutifs de la construction sociale de la réalité. Afin de mettre pleinement à profit les expériences et les connaissances acquises, le secteur d’activités «Religions, politique, conflits» travaille avec différents partenaires, dont le Centre d’études sur la politique de sécurité de l’EPFZ et la Fondation Cordoue à Genève. Cette démarche conjointe a notamment débouché sur les activités suivantes:
- Dans le cadre de son soutien à la transition démocratique des pays du «Printemps arabe», la Suisse souhaite développer le dialogue participatif et l’expertise locale en matière de transformation des conflits de ces Etats d’Afrique du Nord. Ce faisant, elle contribue à préserver les valeurs et principes exprimés lors de ces soulèvements (participation, pluralisme politique, diversité, esprit civique) et favorise la coexistence pacifique de groupes sociaux différents.
- Au Sri Lanka, de nombreux moines bouddhistes considèrent que leur rôle premier consiste à préserver la culture cinghalaise et le bouddhisme dans leur pays. Or aucun moine bouddhiste n’a été associé à ce jour au processus de paix engagé au Sri Lanka. Un dialogue est en cours avec des représentants de la congrégation bouddhiste pour analyser leur rôle potentiel et la nature de leur responsabilité dans ce domaine.
- L’Islamic Charity Project s’emploie à promouvoir la coopération avec des organisations caritatives islamiques qui, depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2011, sont de plus en plus souvent confrontées à des soupçons et à des obstacles injustifiés. C’est pourquoi un groupe d’experts réuni à Montreux en juin 2005 a formulé des recommandations à l’intention des gouvernements occidentaux ainsi qu’un code de conduite pour ces organisations d’utilité publique (Initiative de Montreux).
- Au Liban, les efforts déployés par des salafistes pour développer une position théologique et politique en accord avec le système politique libanais ont été suivis de près. Un soutien a en outre été apporté à la création de bases communes susceptibles de favoriser un processus de négociation entre salafistes et représentants religieux officiels et d’assurer ainsi leur intégration dans les institutions religieuses.


