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Publiés le: 09.08.2018

Le chapitre Risques régionaux spécifiques a été actualisé: affrontements armés dans l'est du pays et dans la région du SNNPR.


Conseils aux voyageurs – Ethiopie

Ces conseils aux voyageurs correspondent à l'analyse actuelle de la situation faite par le DFAE. Ils sont régulièrement vérifiés et modifiés si nécessaire.
Il est vivement conseillé de consulter également ci-contre les recommandations générales pour tous les voyages ainsi que la rubrique focus; elles font partie intégrante des Conseils aux voyageurs.

Situation générale

Lors de voyages en Ethiopie, les voyageurs doivent se montrer très vigilants quant à leur sécurité personnelle.

Suite à la démission du premier ministre, le gouvernement a décrété l'état d'urgence sur l’ensemble du territoire en date du 16 février 2018, puis l’a levé le 5 juin 2018. Ceci permet au gouvernement, entre autres, d’interdire des démonstrations / rassemblements, de procéder à des arrestations sans ordonnance du tribunal ou d’imposer des couvre-feux.

Depuis l’automne 2017, des troubles régionaux ont lieu dans les régions d’Amhara, Oromia, Harar et Dire Dawa. En automne 2016 et au printemps 2017, il y avait déjà eu de graves troubles dans ces régions-là.

Dans tout le pays, il peut arriver que des manifestations donnent lieu à des débordements et à des actes de violence. En cas de troubles, il faut s’attendre à des barrages routiers locaux, qui peuvent être maintenus pendant plusieurs jours et près desquels des affrontements violents peuvent se produire.

Les tensions politiques existent également à Addis Abeba et des manifestations peuvent avoir lieu à tout moment.

Evitez les manifestations en tout genre dans tout le pays. Suivez les consignes des autorités locales (p.ex. couvre-feu) et restez en relation avec votre tour-opérateur.Portez toujours votre passeport sur vous afin de pouvoir prouver votre identité lors des fréquents contrôles.

Lors de déplacements à travers le pays restez sur les principaux axes routiers et informez-vous auprès des autorités locales sur les conditions de sécurité prévalant le long de l’itinéraire envisagé. Il est recommandé de se faire accompagner par une personne locale digne de confiance qui connaît bien les lieux et de ne pas conduire soi-même, mais de louer une voiture avec chauffeur.


Dans l’éventualité de barrages, les voyageurs n’ont d’autre solution que de se renseigner sur place sur les autres possibilités de déplacement et d’attendre le cas échéant que la situation se normalise. En cas de barrages, il est très difficile pour l’Ambassade de Suisse à Addis Abeba – voire impossible selon les cas – d’aider les ressortissants suisses à sortir des régions concernées.

Le risque d’attentats est réel dans tout le pays. Depuis janvier 2017 plusieurs attentats ont été commis dans la région d’Amhara. Soyez vigilant, en particulier dans les lieux publics comme les marchés, les gares routières, les églises, dans les environs de représentations diplomatiques ou de bâtiments du gouvernement, lors de manifestations et dans tous les endroits fréquentés régulièrement par les étrangers, tels que des centres commerciaux, des restaurants etc. Prenez également en considération la rubrique
Terrorisme et enlèvements

Des tensions interethniques et la lutte pour l’eau et pour les pâturages peuvent donner lieu à de violents affrontements le long des itinéraires de migration des éleveurs de bétail nomades et semi-nomades, dans les basses terres. Dans bien des cas, seule l’intervention des forces de sécurité permet d’y mettre un terme.

Risques régionaux spécifiques

La description des zones à risques repose sur des données approximatives; les risques ne peuvent se restreindre à des zones délimitées.

Régions d'Oromia, de Harar, de Dire Dawa et d’Amhara:
Entre novembre 2015 et novembre 2016, de violents affrontements entre forces de l'ordre et manifestants ont fait régulièrement des morts et des blessés dans ces régions. Ils ont eu lieu notamment sur les lieux touristiques situés près du lac Langano ainsi qu’à Gondar, Bahir Dar et Debre Zeit (Bishoftu). À plusieurs reprises, des incendies criminels avaient été commis contre des entreprises détenues par des étrangers. Depuis janvier 2017, dans la région d’Amhara, plusieurs attentats contre des hôtels et d’autres cibles ont fait plusieurs morts et blessés, notamment à Gondar et Bahir Dar.
Après un apaisement apparent en été 2017, des troubles ont à nouveau lieu dans certaines régions depuis l’automne 2017, provoquant de façon répétée des morts et des blesses. La situation est tendue. De nouveaux attentats, troubles, manifestations et débordements sont possibles à tout moment. En cas de troubles, il faut s’attendre à des barrages routiers locaux, qui peuvent être maintenus pendant plusieurs jours et près desquels des affrontements violents peuvent se produire. Le risque d'être soudainement exposé à de violents affrontements ne peut être exclu. Dans les zones rurales, des attaques de véhicules par des agresseurs armés ont causé des morts à maintes reprises.
Avant de vous rendre dans les régions d’Oromia, de Harar, de Dire Dawa et d’Amhara, renseignez-vous auprès des autorités locales et de votre tour-opérateur sur la situation sécuritaire actuelle
et si le voyage planifié peut être réalisé. Faites-vous accompagner par une personne locale digne de confiance qui connaît bien les lieux et faites preuve d’une vigilance accrue. Evitez les rassemblements et manifestations en tout genre et respectez les consignes des autorités locales.

Zone frontalière avec l'Erythrée (y compris la partie nord de la région d’Afar):
Des tensions militaires restent palpables dans la région frontalière avec l’Erythrée malgré l’accord de paix conclu en 2000. Les passages frontaliers entre l’Ethiopie et l’Erythrée sont fermés. Le 3 décembre 2017, un touriste européen a trouvé la mort et un guide local a été blessé dans une attaque dirigée contre un groupe de touristes qui voyageait dans les environs du volcan Erta Ale (Danakil). En juin 2016, il y a eu de lourds combats entre les troupes éthiopiennes et érythréennes dans la zone frontalière de Zalambessa et Tsorona. Les anciennes zones de combat se trouvant le long de cette frontière sont fortement minées.
Même La route qui relie le volcan du Dallol à celui de l’Erta Ale et qui rejoint ensuite Logia peut être minée.
Il reste à voir dans quelle mesure la normalisation des relations entre l’Ethiopie et l’Erythrée ainsi que l’établissement des relations diplomatiques en juillet 2018 influenceront la situation sécuritaire.
Il est déconseillé de se rendre dans la région limitrophe de l’Erythrée, y compris dans la partie nord de la région Afar où se situe la plaine de Danakil.

Zones frontalières avec le Kenya, le Soudan et le Soudan du Sud:
Dans ces régions sévissent des groupes d’opposants armés et des bandits. En outre, des conflits opposent des ethnies ennemies. En avril 2016, de tels conflits ont éclaté au nord-ouest de Gambella, faisant plus de 200 morts. De nombreux autochtones ont en outre été enlevés. Depuis décembre 2016, on assiste à une multiplication des affrontements armés dans la région Benishangul Gumuz. Restez à grande distance de la zone frontalière avec le Kenya, le Soudan et le Soudan du Sud, y compris de la région de Gambella.

Est du pays (région Somali/Ogaden):
La situation sécuritaire est volatile dans cette partie du pays. Des combats ont lieu localement entre l’armée éthiopienne et divers groupes de rebelles.
Par exemple, en août 2018, des affrontements armés entre l’armée et une milice locale à Jigjiga ont causés de nombreuses victimes et blessés. De violents affrontements entre forces de l'ordre et manifestants ainsi qu’entre différentes tribus ennemies peuvent éclater. Il existe également un risque d’attentats commis par des groupes rebelles d’Erythrée et de Somalie. Il faut en outre tenir compte des dangers liés aux mines et du risque d’enlèvement.
Il est déconseillé de se rendre dans la région située au sud du 9
e parallèle et à l’est du 42e méridien.

Région SNNPR (Southern Nations, Nationalities and Peoples):
Dans cette région il y a des tensions ethniques qui peuvent localement mener à des actes de violence pour des raisons futiles. Par exemple depuis juin 2018, nombreuses personnes sont mortes lors d’affrontements entre membres de différentes tribus.
Le taux de criminalité dans la région de SNNPR est élevé. Des touristes se sont fait agresser plusieurs fois, par exemple:

  • Un groupe en voitures touristiques s’est fait agresser début novembre 2016 près de Surma Woreda. Une personne a été blessée et un chauffeur local tué.
  • En mars 2014, deux touristes européens ont été victimes d’un vol à main armée entre Arba Minch et Jinka.
  • En janvier 2014, trois Européens ont été victimes d’un vol avec agression lors d’une panne de voiture à l’ouest du Parc national de l’Omo.

Avant de vous rendre dans la région de SNNPR, informez-vous auprès des autorités locales et de votre tour-opérateur de la situation actuelle en matière de sécurité et de la faisabilité du voyage prévu. Voyagez en convoi de plusieurs véhicules et faites-vous accompagner d'un guide local expert des lieux. Soyez très prudent. Évitez les rassemblements et les événements de masse de toute sorte et suivez les instructions des autorités locales.

Criminalité

La petite criminalité est en augmentation dans les villes en raison de la pauvreté générale et du taux de chômage élevé. Début janvier 2013, un touriste a perdu la vie lors d’une attaque probablement à caractère criminel à proximité de Bahir Dar dans la région du Nil Bleu. A ce jour, dans la région où cet incident s'est passé, des actes d’une telle violence ne sont survenus que rarement.
Il convient de prendre les précautions d'usage contre le vol, notamment le vol à l'arraché, et d'observer les points suivants:

  • il est préférable d’utiliser des taxis individuels plutôt que les transports en commun ou des taxis collectifs (minibus).
  • une fois la nuit tombée, abstenez-vous de circuler dans le pays pour ne pas risquer de vous faire attaquer par des bandits;
  • à Addis Abeba, il est recommandé de ne pas se promener seul, et de se déplacer uniquement en voiture ou en taxi la nuit;
  • n’opposez aucune résistance en cas d’agression, car les assaillants n'hésitent pas à recourir à la violence.

Transports et infrastructures

Sur les axes principaux, les routes sont généralement en bon état. Le comportement imprévisible des nombreux piétons et autres usagers de la route ainsi que la présence d’animaux errants sur la chaussée (vaches, ânes, chèvres, etc.) sont des sources de danger pour la circulation routière. Il est de ce fait déconseillé de voyager à travers le pays une fois la nuit tombée. Pendant la saison des pluies (juin à octobre), les routes non asphaltées peuvent être impraticables même pour les véhicules tout terrain.

Les liaisons aériennes intérieures sont une bonne option pour les longs trajets, surtout dans la partie nord du pays, la plus touristique, où elles sont bien développées.

Il arrive que, dans certaines zones, les liaisons par téléphone mobile et l’accès à Internet ne soient temporairement pas assurés.

Dispositions légales particulières

Il est interdit de photographier des personnes en uniforme, des installations militaires et des bâtiments ou ouvrages publics (aéroports, ponts, etc.). Les actes à caractère homosexuel sont punissables. Les infractions à la loi sur les stupéfiants sont punies de lourdes peines d'emprisonnement. Les conditions de détention sont précaires (prisons surpeuplées, manque d'hygiène et insuffisance des soins médicaux, etc.).

La loi éthiopienne juge toujours coupable le conducteur de voiture qui a commis un accident, lorsqu’un piéton, un conducteur de vélo ou de moto subit un dommage.

En règle générale, les conducteurs inculpés sont emprisonnés jusqu’à la fin des investigations judiciaires et jusqu’à ce que le procès soit terminé, ce qui peut durer pendant des mois.

Les infractions aux dispositions douanières sont sanctionnées très sévèrement et peuvent être punies par des peines de prison. Renseignez-vous auprès de l'ambassade de l’Ethiopie à Genève sur les dispositions applicables à l’importation et à l’exportation

  • d’argent liquide (en devise nationale ou étrangère),
  • d’appareils électroniques,
  • d’objets relevant du patrimoine culturel éthiopien (p. ex. croix, icônes, objets en bois travaillé, bibles, livres, etc.), ainsi que de matières naturelles,
  • de métaux précieux (or, argent, etc.)

Particularités culturelles

Composée de différents groupes ethniques, la population est majoritairement chrétienne-orthodoxe ou musulmane. Adaptez votre tenue vestimentaire et votre comportement aux us et coutumes locaux. Ne photographiez des personnes qu'avec leur consentement.

Risques naturels

Des incendies de forêt à caractère saisonnier se produisent régulièrement sur l'ensemble du territoire.

L'Ethiopie compte plusieurs volcans. L'Erta Ale, dans la région d’Afar, est l'un des volcans les plus actifs au monde. D'autre part, de légères secousses telluriques se produisent fréquemment dans cette région.

Si une catastrophe naturelle devait se produire pendant votre séjour, prenez immédiatement contact avec vos proches et suivez les instructions des autorités. Si les communications avec l'étranger sont interrompues, vous pouvez vous mettre en liaison avec l'Ambassade de Suisse à Addis Abeba.

Soins médicaux

Les soins médicaux ne sont assurés que partiellement, même à Addis Abeba. Les hôpitaux exigent une garantie financière avant de traiter les patients (paiement d’avance). Il est préférable de se faire soigner hors du pays en cas de maladie ou de blessure grave.

Si vous prenez régulièrement des médicaments, emportez-en une quantité suffisante avec vous. N’oubliez toutefois pas que l’importation de médicaments contenant des stupéfiants (p. ex. méthadone) ou de substances utilisées pour traiter des troubles psychiques est soumise à des prescriptions spéciales dans de nombreux pays. Le cas échéant, renseignez-vous à ce sujet, avant le départ, auprès de la représentation étrangère compétente (ambassade ou consulat) et consultez la rubrique Liens voyages, où vous trouverez, entre autres, de plus amples informations sur ce thème ainsi que sur la médecine du voyage en général.
Les informations concernant la propagation de maladies et les éventuelles mesures de protection à prendre sont fournies par les médecins et les centres de vaccination.

Adresses utiles

Dispositions douanières: Ethiopian Revenues and Customs Authority

Représentations suisses à l'étranger: En cas de situation d'urgence à l'étranger, vous pouvez vous adresser à la représentation suisse la plus proche ou à la Helpline-DFAE.
Ambassade de Suisse à Addis Abeba
Helpline DFAE

Représentations étrangères en Suisse:
Pour obtenir des informations sur les prescriptions d'entrée (documents d'identité admis, visa, etc.), veuillez vous adresser aux ambassades et consulats étrangers compétents. Ceux-ci peuvent également vous renseigner sur les dispositions douanières pour l'importation et l'exportation d'animaux et de marchandises: appareils électroniques, souvenirs, médicaments, etc.
Représentations étrangères en Suisse

Exclusion de la responsabilité
Les Conseils aux voyageurs du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) reposent sur des informations obtenues de sources sûres, réputées fiables. Leur but est d’aider les voyageurs à prendre à bon escient leur décision de déplacement et de leur fournir des indications utiles pour leur permettre de préparer avec soin leur voyage. Le DFAE ne peut toutefois ni décider pour eux ni assumer pour eux la responsabilité de la préparation et de la réalisation du voyage.
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