Département fédéral des affaires étrangères DFAE

« Il est dans notre intérêt que le Soudan soit un pays stable et démocratique »

Il y a deux ans, le président soudanais Omar el-Béchir était contraint de démissionner de ses fonctions sous la pression de la rue. Depuis lors, le pays entreprend des démarches pour mettre en place un système démocratique. L’ambassadrice Siri Walt, cheffe de la division Afrique au DFAE, se rend à Khartoum avec une délégation pour déterminer comment la Suisse peut soutenir efficacement le processus de démocratisation au Soudan.

Une ambiance de renouveau: après la chute du président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis de longues années, un processus de démocratisation a été initié au Soudan. ©Keystone

Madame Walt, vous conduisez la délégation qui mène des pourparlers politiques au Soudan du 12 au 14 juin. Qu’est-ce qui rend le Soudan si intéressant pour la Suisse?

Il y a deux ans, le peuple soudanais a impressionné le monde entier en manifestant pacifiquement pour la paix, la justice et la liberté. Depuis le renversement de l’ancien régime, le Soudan a pris le chemin de la liberté et de la démocratie. La Suisse porte un intérêt considérable à la transition politique inclusive du Soudan vers un État démocratique et stable offrant de nouvelles perspectives, notamment pour sa jeunesse. Cet intérêt est également en adéquation avec notre stratégie pour l’Afrique subsaharienne, qui identifie le soutien aux processus de paix et de transition dans la Grande Corne de l’Afrique comme étant une priorité pour la Suisse.

 Portrait de l’ambassadrice Siri Walt, cheffe de la division Afrique au DFAE
L’ambassadrice Siri Walt, cheffe de la division Afrique au DFAE, dirige la délégation suisse lors des consultations politiques au Soudan. ©DFAE

Il va sans dire que la pandémie mondiale de COVID-19 a également touché le Soudan, qui était déjà aux prises avec une situation économique désastreuse. En dépit de ces difficultés initiales, le Soudan a entrepris d’importantes réformes économiques et financières, ouvrant la voie au développement international et à des relations commerciales viables, ainsi qu’à une transition démocratique réussie.

Quel potentiel les récents développements au Soudan peuvent-ils présenter pour la coopération bilatérale avec la Suisse? Quels domaines offrent selon vous la plus grande marge de manœuvre?

La réussite du processus de transition politique au Soudan revêt une importance fondamentale pour ce pays, pour la région tout entière, et aussi pour nous. Nous allons donc intensifier et élargir notre engagement au Soudan dans les années à venir. Cela signifie qu’au-delà de l’aide humanitaire et de la diplomatie bilatérale, la Suisse souhaite contribuer à la transition au Soudan par la coopération au développement, la politique migratoire, la promotion de la paix et les droits de l’homme. Nous aurons aussi recours à notre politique économique, notamment notre influence au sein de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, pour soutenir les réformes économiques, y compris le processus d’allégement de la dette.

La Suisse dispose également de canaux multilatéraux pour soutenir la transition au Soudan, notamment son siège au comité de direction du Groupe de la Banque mondiale et son soutien à la nouvelle mission de l’ONU au Soudan (UNITAMS).

 Les membres du groupe préparatoire suisse et soudanais sont rassemblés devant une table.
Préparation du voyage: l’ambassadrice Siri Walt ainsi que des membres de la division Afrique du DFAE, du Secrétariat d’État aux migrations (SEM) et du Secrétariat d’État aux questions financières internationales (SFI) ont rencontré le 9 juin 2021 à Berne l’ambassadeur Osman Abufatima Adam Mohammed, chargé d’affaires de la République du Soudan (troisième depuis la droite) et son équipe pour discuter des consultations politiques à Khartoum. ©DFAE

Comment décririez-vous les relations bilatérales qui unissent aujourd’hui la Suisse et le Soudan?

Nos relations bilatérales sont très bonnes et prennent appui sur notre histoire de promotion de la paix au Soudan. En 2002, la Suisse a facilité et accueilli au Bürgenstock les négociations sur l’accord de cessez-le-feu dans les Monts Nouba. Ce cessez-le-feu décisif a ouvert la voie à l’accord de paix global de 2005 qui a mis fin à des décennies de guerre civile au Soudan. Depuis plus de 20 ans, le Soudan est un pays prioritaire pour nos activités humanitaires. Aujourd'hui, nous souhaitons soutenir la transition au Soudan et développer encore nos liens d’amitié historiques fondées sur la confiance mutuelle et la coopération.

L’automne dernier, la Suisse a fourni une aide humanitaire au Soudan à la suite de graves inondations. Dans quelle mesure cet engagement s’inscrit-il dans une coopération à long terme avec la Suisse?

La Suisse alloue chaque année 8,5 millions de francs suisses pour l’aide humanitaire au Soudan. En 2020, un million de francs suisses supplémentaires a été débloqué en réponse aux inondations catastrophiques qui ont frappé le pays. Il est dans la nature de l’aide humanitaire suisse de réagir rapidement et efficacement en temps de crise et, dans le cas du Soudan, ces actions contribuent à renforcer le partenariat que nous avons avec ce pays. 

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