Generalversammlung der Nebs - Rede von Bundesrat Didier Burkhalter

05.05.2012

« Les défis de la politique étrangère de la Suisse : pour assurer son indépendance, la Suisse doit rester en mouvement » - Es gilt das gesprochene Wort

Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs,  

J’aimerais tout d’abord vous remercier ; vous remercier de votre invitation, de votre ouverture aussi, non seulement à l’Europe, mais au débat sur la Suisse dans le monde, sur la politique étrangère de la Suisse. 

La politique étrangère, c’est hautement stratégique ; c’est une passion, aussi, pour exprimer des valeurs dans ce monde qui en a tant besoin, qui recherche des solidarités et des responsabilités ; des solutions aussi, tout simplement. 

Ainsi, le modèle suisse de démocratie semi-directe intéresse l’Europe ! L’Union européenne a intégré dans ses institutions une sorte de droit d’initiative  des citoyens qui, si elle diffère encore largement du système suisse – et reste relativement théorique pour le moment -, va dans la même direction : associer davantage le peuple aux grandes décisions et lui permettre de faire des propositions. Voilà quelque chose qui sonne de manière quasiment helvétique, même si l’on est encore loin de la Landsgemeinde !  

Demain dimanche, précisément, le Canton de Glaris m’a invité à assister à sa Landesgemeinde. Peut-être que les Glaronnais savaient que j’étais avec vous aujourd’hui, que je « risquais » de parler d’un « nouveau mouvement vers l’Europe » ; et qu’il fallait donc me réveiller tôt dès le dimanche pour que je puisse passer une journée entière à écouter battre l’un des cœurs anciens mais forts de l’Helvétie. Glaris et sa Landsgemeinde : un haut lieu de la démocratie, un modèle du genre, qui existe depuis 1387 ! Seront également présents à cet événement, non seulement le si jeune canton du Jura invité d’honneur, mais aussi le Ministre des affaires étrangères autrichiens M. Spindelegger et même une délégation officielle de différents ministères estoniens.  

L’Europe s’intéresse donc à la démocratie directe, elle qui voit bien aujourd’hui combien il est nécessaire et précieux de dialoguer en permanence avec le peuple pour construire un édifice durable. La manière dont nous vivons en Suisse la démocratie, au-delà des divergences politiques et des provenances régionales, est un modèle de société remarquablement intégré. La découverte du futur passe aussi par la compréhension de ses racines. 

A propos du passé, récent cette fois-ci, et toujours à propos de la vie en démocratie : il y a une semaine exactement, à la minute près, j’étais invité à m’exprimer devant l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) : je n’en parle pas parce qu’on m’a remis, sous forme de clin d’œil – j’imagine - un bulletin d’adhésion – et même plusieurs que je pouvais vous transmettre ! J’ai décliné en répondant que j’étais comme l’ASIN sur ce point : « indépendant » et que je tenais absolument à le rester… et je vous dirais aujourd’hui, si vous me proposiez l’adhésion, que je veux rester « en mouvement » indépendant. En fait, je parle de cette coïncidence de calendrier parce qu’ici où là, on s’est étonné que je me sois rendu à l’ASIN – là où aucun conseiller fédéral ne s’était rendu auparavant à l’exception de M. Maurer – et puis, ensuite, au NOMES. 

Pourtant le lien est évident, Mesdames et Messieurs : le gouvernement dialogue avec tous les Suisses, c’est l’essence même de notre démocratie. Nous dialoguons avec toutes les Suisses, que nous tentons de réunir, dont nous cherchons le dénominateur commun. Comme le « S » qui se trouve dans les deux abréviations de NOMES et d’ASIN.

Nous n’avons pas un système avec une opposition – qui, par définition, par « condamnation aussi systématique qu’inutile », s’opposerait – et un gouvernement qui ne dialoguerait qu’avec une majorité quasiment « acquise ». Dans notre système suisse intégrateur, fédérateur, la plus grande erreur serait justement que le Conseil fédéral ne parle qu’avec celles et ceux qui sont d’accord avec lui. La plus grande erreur serait de sous-estimer la force historique de la cohésion du pays. 

Samedi dernier les personnes présentes avaient des points d’accord et d’autres de divergences avec la politique menée par le Conseil fédéral. Accord sur la volonté de défendre la souveraineté, désaccord sur la manière d’y parvenir. Avec toutes les différences que vous avez – dieu sait que l’on ne saurait clamer « ASIN et NOMES, même combat ! », et bien, il en ira de même aujourd’hui.  

Au fond, c’est même un bel exemple : deux assemblées, et puis un gouvernement collégial, composé de représentant de cinq partis, d’opinions à la base très différentes, mais avec une seule et unique culture politique, qui repose sur des valeurs communes : la liberté au cœur et la responsabilité à l’esprit. Des Suisses formant une Suisse. 

La démocratie a cette grandeur de servitude que la confrontation des idées – la liberté d’opinion –, dans le respect de ceux qui pensent différemment, donne naissance à des idées nouvelles, force à ne pas se  contenter de « sa vérité », à trouver de nouvelles pistes, à tracer ensemble un chemin parfois inattendu, pas toujours le plus direct, mais un chemin où nous progressons avec tout le pays.  

C’est aussi cela la symbolique d’une Landesgemeinde comme celle de demain à Glaris ou aussi comme celle qu’on a illustré dans la salle du Conseil des Etats, les parlementaires lui tournant le dos d’ailleurs alors que le Gouvernement – hasard bien ordonné – la regarde constamment en face ! Et les résultats d’une Landsgemeinde, apparemment immuable, peuvent être étonnamment progressistes. Glaris l’a d’ailleurs prouvé récemment en procédant à la réforme des communes la plus « radicale » du pays, en ne gardant que trois communes. 

Dans une époque où l’on recherche surtout les oppositions, les conflits potentiels, où l’on met en valeur la simplicité manichéenne qui, pourtant, n’a été – dans l’histoire, que source de dévastations, nous partageons tous en Suisse, dans toute cette « Willensation », cette culture politique ; une culture politique non seulement commune, mais éminemment constructive qui est l’une des forces du pays ; l’une de ses forces que nous devons encore renforcer - et non affaiblir – pour affronter les vents de l’avenir, pour les utiliser afin de progresser, de génération en génération. 

L’une des valeurs politiques de la Suisse, peut-être la plus humaine, me tient particulièrement à cœur : c’est la confiance. La confiance est le ciment de la cohésion de notre société.  

Et pour que cette confiance existe, il faut la transparence et la franchise. Les citoyens de notre pays ont droit à la transparence de l’action du gouvernement. C’est tout spécialement vrai en politique étrangère. Que n’a-ton pas entendu ces dernières années concernant d’éventuels « plans secrets » du gouvernement. Et bien, Mmes et Messieurs, il n’y a pas de plans secrets ; il n’y a pas de différences, sur le fond, entre les propos tenus en Suisse et ceux tenus à l’étranger ; il n’y en a pas non plus, sur l’essentiel, entre ceux tenus devant vous, le NOMES, et ceux tenus devant d’autres, comme l’ASIN. La politique menée se veut claire et prévisible et la communication dont elle fait l’objet – même si elle ne sera jamais parfaite - est franche.  

Et pour être complet, j’ajoute qu’il y a, parfois, nécessité de discrétion. Il y a des efforts concrets de médiation, dans l’intérêt de la Suisse et du monde, qui nécessitent cette discrétion. Il y en a aujourd’hui et il y en aura à l’avenir. Mais il n’y a aucun plan secret qui pourrait mettre en jeu la cohésion du pays.  

Initiative pour le renforcement des droits populaires dans la politique étrangère  

C’est dans cette perspective, Mesdames et Messieurs, qu’il faut inscrire la position du Conseil fédéral sur l’initiative qui sera soumise le 17 juin prochain au vote du peuple et des cantons. Cette initiative, qui a un nom comme un cri -  « la parole au peuple ! » - vise à étendre le référendum obligatoire en matière de traités internationaux.  

Notre système de démocratie semi-directe prévoit une répartition équilibrée et éprouvée des compétences entre le peuple, précisément, le parlement et le Conseil fédéral, en matière de droit international. Vouloir augmenter massivement le recours au référendum obligatoire comme le veut cette initiative est problématique.  

La marge d’interprétation laissée par l’initiative pourrait porter atteinte à la crédibilité internationale de notre pays. Classifier « l’importance » des domaines de la politique étrangère bousculerait le principe existant du parallélisme entre la législation interne et les traités internationaux. Et cette classification serait difficile à mettre en place. Comment, en effet, classifier l’importance des thèmes de la politique étrangère ? D’autant que l’initiative ne fixe aucun critère. 

Ces questions ne sont pas insolubles, mais il faudrait qu’une longue pratique se développe au fil des ans. De nombreuses batailles juridiques seraient menées. Il en découlerait un ralentissement du processus de ratification ; et de l’incertitude, tant sur le plan intérieur que sur le plan extérieur. La procédure de ratification interne n’étant pas connue à l’avance par nos partenaires, cela ferait planer de l’insécurité. La crédibilité de la Suisse comme partenaire fiable et prévisible n’en ressortirait pas renforcée. 

Ce qui serait aussi dommageable pour l’économie. Nos entreprises ont en effet besoin de pouvoir s’appuyer sur des relations stables et fiables avec l’étranger. C’est, là aussi précisément, l’une des forces de la Suisse ; et on le sait : l’incertitude est un poison pour l’emploi.  

L’initiative provoquerait une augmentation importante du nombre de scrutins, sans utilité réelle. Aujourd’hui déjà, le peuple « parle ; il peut voter sur les traités de grande portée et ses possibilités de participation ont été encore élargies en 2003.  

D’une part, l’adhésion à une organisation supranationale ou à une organisation pour la sécurité collective doit impérativement être mise en votation populaire (par référendum obligatoire). D’autre part, d’autres traités ayant une certaine portée sont soumis au référendum facultatif. 

Avec l’initiative, on chambarderait tout cela : je ne vous cite qu’un exemple de traité qui serait soumis au vote du peuple et des cantons, obligatoirement, alors qu’actuellement il n’est même pas soumis au référendum facultatif : il s’agit – et je prends mon souffle pour le dire, de la « modification de l’annexe III de la Convention sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause applicable à certains produits chimiques et pesticides dangereux qui font l’objet d’un commerce international ? »  

Est-ce là l’avenir de la démocratie ? Pour le Conseil fédéral, l’essentiel n’est pas que les citoyens se prononcent sur le plus grand nombre possible d’accords; mais qu’ils se prononcent sur les accords de grande portée, ce que permet la législation actuelle. La démocratie de qualité, et non l’illusion de démocratie. Et puis, une fois encore, la confiance, aussi.  

Pour ces raisons que le Conseil fédéral et le Parlement recommandent de rejeter cette initiative.  

Réseaux de soins intégrés

Le 17 juin, le peuple se prononcera également sur l’intégration ; non pas européenne, mais dans le cadre des réseaux de soins intégrés. Deux mots sur cette politique intérieure plus qu’extérieure : le Conseil fédéral est convaincu qu’il est nécessaire de réformer la Loi sur l’assurance maladie comme le propose le Parlement pour favoriser les réseaux de soins intégrés. La  stratégie du Conseil fédéral en matière de santé consiste à soigner mieux pour sauver plus de vies, tout simplement. Cela passe par une priorité donnée à la coordination des soins. Plus de qualité, plus d’efficience, et, en conséquence, une meilleure maîtrise des coûts. C’est pourquoi le Conseil fédéral et le Parlement recommandent d’approuver la promotion des réseaux de soins intégrés. 

Politique extérieure de la Suisse 

Interessen, Werte und Grundsätze der Aussenpolitik 

Meine Damen und Herren  

Als erstes für die Aussenpolitik stellt sich die Frage, was denn Ziel dieser schweizerischen Aussenpolitik ist? Die Antwort findet sich ganz nah – im Herz der Schweiz - in der Bundesverfassung: das Ziel ist die Wahrung unserer Interessen und die Förderung unserer Werte. So bestimmt die Verfassung, dass die Aussenpolitik die Unabhängigkeit, die Sicherheit und die Wohlfahrt des Landes zu wahren hat. Die Werte, die es neben diesen Interessen zu fördern gilt, sind Linderung der Armut in der Welt, die Achtung der Menschenrechte, die Förderung der Demokratie, das friedliche Zusammenleben der Völker – also der Friede - sowie die Erhaltung der natürlichen Lebensgrundlagen – also die Umwelt.  

Diese Definition der Interessen und Werte ist auf Dauer angelegt, ist von Volk und Ständen gewollt und bietet ungeachtet von aktuellen politischen Entwicklungen einen stabilen und verlässlichen Rahmen für unsere Aussenpolitik. 

Die schweizerische Aussenpolitik basiert auf Grundsätzen, die ebenfalls unabhängig von der Tagespolitik gültig sind und es auch weiterhin bleiben werden. Welches sind diese Grundsätze? Es sind dies die Rechtsstaatlichkeit, die Universalität, die Neutralität, die Solidarität und die Verantwortung.  

Rechtsstaatlichkeit ist innerhalb der Schweiz eine Selbstverständlichkeit. Es ist aber auch eine Richtschnur für unsere Aussenpolitik.  

Der zweite, traditionelle Grundsatz unserer Aussenpolitik ist die Universalität. Die Schweiz strebt mit möglichst vielen Staaten gute Beziehungen an. Was nicht verhindert, dass klare Prioritäten gesetzt werden. 

Der dritte Grundsatz ist die Neutralität, ebenfalls ein traditionelles Mittel unserer Aussenpolitik. Unsere Neutralität ist kein Hindernis für unsere Interessenwahrung. Im Gegenteil: Neutralität ist eine Stärke der Schweiz. Es gilt sie intelligent und flexibel einzusetzen, um unsere Interessen und Werte zu wahren. 

Der vierte Grundsatz ist die Solidarität. Bundesrat Max Petitpierre, ein andere Neuenburger, Aussenminister von 1944 bis 1961, als ich gerade geboren war - prägte die Formel „Neutralität und Solidarität“. Der Grundgedanke dieser Formel ist bis heute gültig. Er besagt, dass wir uns nicht damit begnügen können, das Weltgeschehen passiv zu beobachten. Wir sind ein Teil der Welt und damit mitverantwortlich für deren Zukunft. Dies mit Demut, Bescheidenheit und im Wissen darum, dass die Schweiz die Welt nicht alleine retten kann.  

Der fünfte Grundsatz, der mit der Solidarität Hand in Hand geht, ist die Verantwortung. Die Schweiz kann und soll dank ihrer vielfältigen Stärken in verschiedenen Bereichen einen wertvollen und nützlichen Beitrag zur Lösung globaler Probleme leisten. Wie es gerade gestern vom dem Schweizer Solarschiff Planet Solar  am Ende der historischen Reise rund um die Welt bewiesen wurde. 

Die Interessen (also die Sicherheit, die Unabhängigkeit und die Wohlfart), die Werte (also Demokratie, Menschenrechte, Friede, Armutsbekämpfung und Umwelt),  sowie die Grundsätze (von Neutralität bis zu Verantwortung) die ich Ihnen erläutert habe, bilden den stabilen Rahmen unserer Aussenpolitik. Sie sind der Kompass, an welchem sich der Bundesrat orientiert.  

Aber das internationale Umfeld, in welchem sich unser Land befindet, ist nun in stetem Wandel. Da ist viel mehr Sturm als Ruhe. Aktuellen Entwicklungen müssen wir bei unseren Entscheidungen Rechnung tragen. Das heisst, dass wir in diesem stabilen Rahmen eine flexible Strategie brauchen, welche eine Antwort auf die aktuellen echten Herausforderungen liefert.  

Darum braucht man eine neue Aussenpolitische Strategie. Das hat der Bundesrat vor zwei Monaten gemacht. Das Dokument dafür ist kurz und einfach. Ist auch nicht „geheim“, Sie finden es in diesem Saal. Und es hat vier Schwerpunkten.

Die Beziehungen zu unseren Nachbarn  

Der erste strategische Schwerpunkt sind unsere Beziehungen zu unseren Nachbarn. Die müssen einfach besser sein. Wir sollen diesen Beziehungen mehr Aufmerksamkeit schenken, denn unsere Nachbarländer sind einflussreiche Mitglieder der Europäischen Union, und zudem sind drei dieser Länder Mitglied der G8 und der G20 und eines ist sogar ständiges Mitglied des Sicherheitsrats der Vereinten Nationen (Frankreich, wo Morgen eine Art „Landesgemeinde“ eine wichtige Entscheidung treffen wird). Eine solche Nachbarschaft ist ein Glücksfall, denn sie kann sich positiv für die Schweiz auswirken. Sie birgt aber auch Gefahren, wenn die nachbarlichen Beziehungen nicht gut sind.    

Wie wir aus Erfahrung wissen, können grenzüberschreitende Probleme, die nicht schnell gelöst werden, durch den grossen Einfluss dieser Länder zu europäischen und sogar zu weltweiten Problemen werden. So etwa die Steuerfrage, die eine globale Dimension angenommen hat, nachdem einige Nachbarländer intervenierten, oder auch die Auseinandersetzungen mit Deutschland um den Zürcher Flughafen, die europäische Dimensionen annahmen. Es kommt hinzu, dass unsere Nachbarn den Eindruck haben, unsere Anwendung der bilateralen Verträge sei von einer gewissen Besorgnis geprägt, und auch dies verbreitet keine gute Stimmung in der Union.       

Der Bundesrat will daher den Beziehungen zu unseren Nachbarn hohe Priorität einräumen, und er will rasch handeln, wenn ein Problem zu lösen ist. Anfang dieses Jahres hatten wir Gelegenheit, innerhalb kurzer Zeit eine seit zwei Jahren mit Frankreich bestehende Meinungsverschiedenheit beizulegen, die die Frage der Unternehmen auf dem Flughafen Basel-Mulhouse betraf. Wir intervenierten bei der französischen Regierung, und bereits nach wenigen Wochen konnten die Schweiz, Frankreich, die regionalen Partner und die Unternehmen ein Abkommen unterzeichnen. Auf diese Weise konnten wir zahlreiche Arbeitsplätze in den Betrieben im Schweizer Sektor des Flughafens erhalten und dafür sorgen, dass der Flughafen für die gesamte Basler Region auch weiterhin attraktiv bleibt.  

Der Schlüssel zum Erfolg waren die Entschlusskraft und auch der absolut notwendige Pragmatismus sowohl der beiden Regierungen als auch der Partner.    

Als Beispiel kann der Bundesrat auch die mit Deutschland und Grossbritannien und nun auch mit Österreich geschlossenen Abkommen über die Abgeltungssteuer anführen. Diese Abkommen werden uns erlauben, ein weitreichendes und akutes steuerliches Problem mit unseren Nachbarn zu beheben. Diese Abkommen können als Vorbild für Abkommen mit weiteren Ländern und als sinnvolle Alternative zum automatischen Informationsaustausch dienen. Gute Beziehungen zu den Nachbarstaaten sind also fundamental. Und sie sind absolut keine Selbstverständlichkeit. Ganz im Gegenteil – mit Nachbarn gibt es manchmal die meisten Probleme.    

Ein weiterer grosser Nachbar ist natürlich die Europäische Union. Unsere Beziehungen zu ihr und – gleichzeitig auch - zu ihren Mitgliedstaaten – zu jedem Mitgliedstaat - bilden den zweiten Schwerpunkt unserer Strategie. 

Die Bedeutung der Europapolitik 

Es ist keine Frage, dass die Europäische Union für die Schweiz eine besondere Stellung einnimmt. Wer in Basel oder St-Margarethen die Schweizer Grenze passiert, befindet sich ebenso in einem EU-Mitgliedstaat wie derjenige, der dies in Chiasso oder Genf tut. Schon die geografische Lage der Schweiz macht es deshalb unabdingbar, dass wir zur EU gute Beziehungen pflegen und, wo nötig, verbessern oder vertiefen. Aber auch die kulturelle und die historische Lage… 

Die Frage ist deshalb nicht, ob wir bilaterale Beziehungen mit der EU aufrechterhalten sollen, sondern wie wir unser bilaterales Verhältnis definieren wollen. Seit Jahren haben wir mit der EU einen eigenen und eigenständigen Weg verfolgt, der sich unterscheidet von den Verbindungen, die die EU zu anderen Staaten unterhält, ganz zu schweigen zu ihren Mitgliedstaaten.  

Unser Verhältnis gründet auf einzelnen bilateralen Verträgen, die jeweils genau definierte Bereiche regeln und dafür massgeschneiderte Regelungen umfassen. Rund 120 solche Abkommen, davon 20 zentrale Verträge bilden den Rahmen für unser bilaterales Verhältnis.  

Die Demokratie in unserem Land hat klar und deutlich gesprochen: Die Schweiz ist ein souveränes Land und will es auch bleiben. Im Gegensatz zu fast allen europäischen Ländern beabsichtigt die Schweiz keinen EU-Beitritt. Die Schweizer Stimmbürger haben dies in den letzten Jahren sieben Mal in Volksabstimmungen bestätigt. Le peuple a vraiment la parole… In diesen sieben Abstimmungen bestätigten die Stimmbürger den bilateralen Weg und lehnten gleichzeitig eine Initiative ab, welche die Aufnahme von Beitrittsverhandlungen zur EU verlangte.  

Für den Bundesrat ist hierbei von zentraler Bedeutung, dass der bilaterale Weg immer wieder die Unterstützung der Schweizer Stimmberechtigten erhalten hat. Sei es bei der Abstimmung über die Bilateralen I, zu Schengen/Dublin oder den Osthilfekredit, sei es bei der Abstimmungen über die Ausweitung und die Weiterführung der Personenfreizügigkeit: Stets hat das Stimmvolk dem bilateralen Weg zugestimmt, den der Bundesrat vor knapp 20 Jahren eingeschlagen hat. Die Schweiz und die EU haben auf diesem Weg ein Instrument geschaffen, dank dem sie ihre gegenseitigen Interessen gut wahren konnten. 

Die Souveränität des Landes zu bewahren muss aber überhaupt nicht gleichbedeutend mit dessen Isolation sein. Das extreme Beispiel Nordkorea (das nicht so beliebt bei der Auns war) zeigt aber klar, dass Isolation keine Garantie für den Erfolg eines Landes ist – im Gegenteil. Die Wahrung der Souveränität bedeutet, dem Land die Handlungsfreiheit zu erhalten und dessen Sicherheit und Wohlstand zu garantieren; die Fähigkeit selbst zu entscheiden. So ist es in der Verfassung festgehalten. Und weder die Sicherheit noch die Wohlfahrt lassen sich durch Isolation garantieren. Es braucht ein Netz von nützlichen und pragmatischen Abkommen, um unsere Interessen optimal zu wahren. Es braucht eine spezifische Art von Offenheit. 

Pour cela, nous – La Suisse, la réunion des Suisses, la cohésion des Suisses, nous avons choisi la voie suisse, notre chemin ; pas le plus simple ni le plus direct, c’est le moins que l’on puisse dire ; mais celui sur lequel nous cheminons ensemble. 

Europa ist ein Stress-Test für die Kohäsion der Schweiz. Und der Bundesrat will diese Kohäsion halten. Keine künstliche Fusion der Meinungen; keine unmögliche Fusion zwischen NEBS und AUNS; aber die authentische Suche nach einem Weg für das ganze Land, für die ganze Schweiz.

Der bilaterale Weg, den die Schweiz gegenüber der EU beschreitet, kann namentlich in wirtschaftlicher Hinsicht eine erfolgreiche Bilanz ausweisen. Für die Schweiz aber auch für die EU. Die EU ist heute die mit Abstand wichtigste Wirtschafts- und Handelspartnerin der Schweiz. Rund 60 Prozent der Schweizer Warenexporte gehen in die EU, und die Schweiz bezieht rund 80 Prozent ihrer Importe aus der EU. Diese Zahlen lassen erkennen, dass nichtdiskriminierende Zugangsbedingungen zum EU-Binnenmarkt sowie ein einheitlicher Rechtsrahmen und Rechtssicherheit für unser Land sehr wichtig sind. 

Dialog gleichberechtigter Partner 

Gerade in diesen Wochen und Monaten erörtern die Schweiz und die EU die Möglichkeiten einer Vertiefung und Weiterführung des bilateralen Wegs. Die Diskussionen sind hart, auf beiden Seiten. Das ist aber keine neue Entwicklung. Schon zu Zeiten der Bilateralen I und Bilateralen II wurde auf der Suche nach Lösungen immer wieder heftig miteinander gerungen. Auch jetzt sind unsere Diskussionen wieder der Beleg dafür, dass zwei gleichberechtigte Partner ihre Anliegen und Interessen vertreten und verteidigen.  

Gemessen an der Einwohnerzahl mag die Schweiz zwar um einiges kleiner als die EU sein. Doch wir sind ein eigenständiger Staat, der mit der EU – wie mit allen Partnern - auf Augenhöhe verhandeln will. Die Lösungen, die wir miteinander suchen, müssen deshalb die Anliegen beider Seiten berücksichtigen. Das heisst aus Schweizer Sicht, dass auch unsere politischen Verfahren zur Entscheidungsfindung gewährleistet sein müssen. Dazu gehört namentlich auch die Möglichkeit von Volksabstimmungen. Denn das Volk hat in der direkten Demokratie das letzte Wort. Wie Morgen in Glarus.  

Wir respektieren damit unsere Werte: die Demokratie. Und wir bekräftigen auch das Prinzip der Rechtsstaatlichkeit. Das heisst, dass nicht das Recht des Stärkeren oder Grösseren gilt, sondern eben Recht herrscht. Zwei Staaten oder in diesem Fall die Schweiz und die EU begegnen sich auf gleicher Augenhöhe, unabhängig von Einwohnerzahl und Grösse. Diese Werte und Grundsätze werden wir mit Kraft und Überzeugung unermüdlich verteidigen.   

Institutionelle Fragen 

Bekanntlich verhandeln die Schweiz und die EU in den Bereichen Strom/Energie, Produktsicherheit, Lebensmittelsicherheit und öffentliche Gesundheit. Hier laufen die Verhandlungen nunmehr harzig. Grund dafür sind die so genannten institutionellen Fragen, die die Anwendung unserer bilateralen Verträge effizienter machen sollen. Konkret stehen die Themen Rechtsanpassung, Überwachung, Auslegung und Streitbeilegung im Vordergrund.  

Die EU verlangt für die Teilnahme an ihrem Binnenmarkt, dass die dort geltenden Regeln bei allen beteiligten Staaten möglichst einheitlich und zeitgleich angewendet werden. Diese Haltung ist durchaus legitim. Wie aber auch die Haltung der Schweiz legitim ist, da wir kein Mitgliedstaat der EU oder des EWR sind, sondern nur an bestimmten Teilen des Binnenmarkts der EU teilnehmen. Deshalb kann von der Schweiz nicht verlangt werden, dass die Regelungen, welche die EU für ihren Binnenmarkt entwickelt, automatisch auch in der Schweiz gelten sollen.  

Als exportorientierter Staat ist die Schweiz aber stark angewiesen auf einen möglichst gleichberechtigten Zugang zum EU-Binnenmarkt. Dass eine klare Mehrheit aller Schweizer Exporte und Importe gegenüber der EU sind, zeigt, wie eng unsere wirtschaftlichen Beziehungen sind – und wie wir achtsam sein müssen, dass der Marktzugang unserer Wirtschaftsunternehmen zum EU-Binnenmarkt nicht erodiert. Es geht hier um die Verteidigung legitimen Interessen. Es geht um Arbeitsstellen in unserem Kontinent.  

Deshalb – und weil auch die Schweiz ein klares Interesse daran hat, dass unsere bilateralen Verträge flexibel an neue Entwicklungen angepasst werden können - erörtern wir auch die institutionellen Fragen mit der EU. Im Rahmen des Road Map, das der Bundesrat bei der Weiterführung des bilateralen Wegs verfolgt. Denn wenn beide Partner ihre jeweiligen Interessen haben, ist es von Vorteil, einzelne Dossiers immer auch mit Blick auf die anderen aktuellen Dossiers voranzutreiben.  

Selbstverständlich sind die Ergebnisse dieser Gespräche heute noch nicht abzusehen. Der Ausgang ist offen. Und die Schweiz wird nur dann stark sein und punkten, wenn sie sich vereint – wie im Sport die Nationalmannschaft - für die Wahrung ihrer Interessen und ihrer Werte einsetzt. Für die Schweiz – und das heisst auch – behaupte ich – für die EU.  

Aus diesem Grund konsultieren wir sowohl die Vertreterinnen und Vertreter des Volkes – im Rahmen der regelmässigen Gespräche mit den aussenpolitischen Kommissionen des Parlaments – als auch die Vertreterinnen und Vertreter der Kantone – im Rahmen des europapolitischen Dialogs mit der Konferenz der Kantonalregierungen. Auch die Sozialpartner werden in diesen Prozess einbezogen. 

In einem Monat werden wir die Standpunkte kennen, die wir der EU zu Beginn der Gespräche vorschlagen werden. Diese Vorschläge beruhen auf den folgenden Grundsätzen: 
- Homogenität: Wir wollen die Einheitlichkeit des Rechts
Dynamisierung der Verträge: wir wollen, dass die Schweiz sich mit Europa bewegt
- Unabhängigkeit: wir wollen eine sorgfältige Überwachung der Anwendung der Verträge durch eine unabhängige nationale Überwachungsbehörde gewährleisten,

dagegen lehnen wir den Automatismus ab und widersetzen uns einem supranationalen Überwachungssystem. 

Ich vertraue darauf, dass diese Gespräche konstruktiv verlaufen werden, wenn alle verstehen, dass es im Interesse sowohl der Schweiz als auch der EU liegt, dass unsere künftigen Beziehungen gut und ausgewogen sind. Und wenn die Europäische Union ihre Reife beweist, indem sie ihre externen Partner respektiert und sie als gleichberechtigt behandelt.  

Au fond, Mesdames et Messieurs, il s’agit d’un „nouveau mouvement européen de la Suisse“… Et ce « nouveau mouvement européen de la Suisse, consiste pour le Conseil fédéral à proposer activement les étapes de rénovation de la voie bilatérale, des relations bilatérales si importantes entre la Suisse et l’UE. En quelques mois, nous avons proposé activement plusieurs concrétisations :

- D’abord, un nouveau Dialogue institutionnel entre la Suisse et les cantons sur la politique européenne (afin de créer l’un des conditions fondamentales de « l’équipe nationale »),
- Ensuite, une « feuille de route » pour passer du sectoriel au global, pour coordonner les enjeux, le matériel et l’institutionnel, les différents types d’accords et de discussions, les différents plannings,…
- Et puis, un débat politique direct avec les responsables de la Commission et du Conseil de l’UE, MM. Barroso et Van Rompuy. Là aussi, c’était franc le 20 mars dernier, Mesdames et Messieurs, des deux côtés. Et à la fin de la franchise, il y a eu, au-delà des divergences, une ligne commune : la volonté de progresser ensemble, la nécessité d’une approche globale (qui remplace l’approche sectorielle), la recherche indispensable d’une solution institutionnelle (que nous voulons dorénavant proposer nous-mêmes) et l’utilité d’un suivi politique.
- Enfin, le Conseil fédéral a pris ses responsabilités et donc des positions concernant le domaine institutionnel, il y a dix jous. Il lance ainsi un débat nécessaire, qui doit se faire en gardant constamment la vision globale, sur l’ensemble des relations entre la Suisse et l’UE. 

Engagement en faveur de la stabilité en Europe et dans le monde  

Mesdames et Messieurs,  

La prospérité et la sécurité de notre pays ne dépendent pas uniquement de nos relations avec les pays voisins ou avec l’UE. La mondialisation a relativisé l’importance des distances géographiques. Nous partageons, encore plus qu’avant, une communauté de destin. C’est pourquoi l’engagement en faveur de la stabilité en Europe, dans ses régions limitrophes et dans le monde entier  constitue le troisième axe prioritaire de la stratégie du Conseil fédéral. L’engagement pour la sécurité international doit prendre de l’importance. Un exemple.  

Depuis les années 1970, la Suisse participe activement aux travaux de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE), laquelle a grandement contribué à mettre un terme à la guerre froide. Notre pays poursuit au sein de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), fondée en 1995, cet engagement traditionnel qui correspond aux valeurs et aux principes de sa politique étrangère. Dans la logique de notre engagement et en adéquation avec notre stratégie, notre pays s’est porté, avec succès, candidat à la présidence de l’OSCE, un mandat qu’il exercera en 2014. Il sera en outre membre de la « troïka » de cette organisation entre 2013 et 2015.  

La Suisse a l’intention de renforcer le rôle de l’OSCE en tant que plate-forme de dialogue pour les questions de sécurité européenne ainsi que d’étendre ses compétences dans le domaine de la gestion de crises et de conflits. La Suisse est d’avis que l’OSCE peut encore renforcer la confiance entre les acteurs et contribuer ainsi à la stabilité du continent notamment parce qu’elle est un formidable cadre de dialogue.  

J’ai souligné tout à l’heure l’importance de la confiance et du dialogue dans la politique de la Suisse. En s’engageant au sein de l’OSCE, notre pays contribue à assurer le dialogue et à instaurer la confiance à l’échelle internationale. Nous appliquons nos valeurs et nos principes nationaux au niveau international.   

Partenariats stratégiques et thèmes globaux  

Le quatrième et dernier axe prioritaire de la politique étrangère du Conseil fédéral, ce sont nos partenariats stratégiques, notre engagement pour améliorer la gouvernance globale et des thèmes spécifiques d’action de la Suisse.  

Cet axe stratégique est une réponse au nouveau rapport de forces en vigueur dans le monde. Longtemps, l’Europe et l’Amérique du Nord ont été des puissances mondiales économiques et politiques incontestées. Or, le monde change rapidement, le monde a changé. La zone Asie-Pacifique se développe avec force et dynamisme. Elle capitalise déjà la moitié de la croissance économique mondiale. De plus, des États tels que les pays du Golfe, le Brésil, l’Australie ou encore l’Afrique du Sud gagnent eux aussi en importance.  

La Suisse agit face à cette nouvelle donne et renforce ses relations avec ces régions du monde et ces pays, notamment avec les pays du G20. Dans le cadre de sa stratégie de diversification, elle vient d’enregistrer un succès en étant intégrée cette année au Sommet annuel Asie-Europe ou ASEM (Asia-Europe Meeting), un forum d’importance stratégique regroupant des pays d’Asie et d’Europe et représentant 60 % du commerce et de la population de cette planète qui se renouvelle. Et ce sont les pays asiatiques qui ont soutenu la candidature de la Suisse.

Mesdames et Messieurs,

Enfin notre stratégie prévoit, au-delà de ces quatre axes, une tâche centrale, un devoir à l’égard de nos concitoyens : il s’agit de soutenir et protéger les ressortissants suisses vivant ou voyageant à l’étranger. Et ils sont très nombreux puisque les Suisses réalisent 16 millions de voyages par an ! Et les Suisses sont non seulement très mobiles, mais un nombre important de nos concitoyens vivent de plus à l’étranger : ils sont plus de 800'000, soit 10 pour cent de la population de notre pays !

C’est pour cette raison que nous venons d’ouvrir 24 h sur 24 la Helpline du Département. Mais c’est aussi pour cette raison que nous devons appeler non seulement à de bonne prestations de l’Etat, mais aussi à davantage de responsabilité individuelle devant les risques réels et croissants du monde, notamment dans l’industrie de l’enlèvement.

Mesdames et Messieurs,

La politique étrangère est passionnante, elle est hautement stratégique. Elle est vaste comme le monde et je suis conscient du nombre d’autres sujets que je pourrais aborder avec vous ; des sujets actuels comme les convulsions du Mali ou les difficultés de l’Ukraine, dans lesquels la Suisse peut jouer un rôle – non pas secret, mais discret et concret. Des sujets qui semblent sans fin, comme l’avenir du Moyen-Orient, pour lesquels la Suisse voit apparaître clairement son intérêt en se mettant au service de la communauté internationale, dans lesquels on relie clairement intérêts et valeurs, sécurité et responsabilité.

La Suisse doit savoir que pour vivre durablement son indépendance, elle doit rester en mouvement.

C’est en négociant, en se battant, en proposant, en dialoguant en s’affirmant pour faire respecter son rôle, son positionnement différent, sa valeur ajoutée, son génie propre, sa souveraineté, ses idées ; c’est en se rassemblant aussi que la Suisse défendra au mieux ses intérêts et qu’elle fera progresser ses valeurs au cœur de son continent.

Merci et très belle journée, qui est aussi celle de l’Europe.


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